L'Insee a publié une révision à la baisse des comptes nationaux du premier semestre 2026 : le PIB recule désormais de 0,2% au premier trimestre (contre -0,1% précédemment) et stagne au deuxième trimestre (0,00% contre +0,2% auparavant). Ces ajustements sont principalement liés à une production agricole plus dégradée que prévu et à des informations tardives sur les prix dans les services marchands, notamment les transports.
Conséquence directe : la France échappe de justesse à la définition technique de la récession (deux trimestres consécutifs de contraction) mais s'en approche dangereusement. Sur l'ensemble du semestre, l'acquis de croissance n'est que de +0,3%, traduisant une économie quasiment à l'arrêt. Le gouvernement a d'ores et déjà revu ses perspectives pour 2026, tablant sur 0,7% de croissance en raison d'un premier trimestre inférieur aux anticipations.
Les autres composantes de la demande montrent des mouvements contrastés : la consommation des ménages a rebondi au deuxième trimestre (+0,3% après -0,3%), tandis que l'investissement a légèrement reculé (-0,3% après -0,8%). Les dépenses publiques de consommation ont augmenté (+0,4%). La demande intérieure hors stocks a contribué pour +0,2 point à la croissance semestrielle.
Sur le commerce extérieur, la contribution est devenue positive (+0,6 point après -0,9) grâce à une forte reprise des exportations (+2,9% après -3,0%), portée en particulier par l'aéronautique. Les importations ont augmenté plus modérément (+1,1%). Parallèlement, le pouvoir d'achat des ménages par unité de consommation a chuté de -0,5% ce trimestre, et le taux d'épargne a reculé à 17,2% (contre 17,9% au trimestre précédent).
Enfin, la dette publique atteignait 117,5% du PIB au premier trimestre 2026, un niveau élevé qui ajoute une contrainte à la conduite des politiques économiques alors que la croissance reste molle.

