Chainalysis, repris par BFMTV, dresse un écart frappant entre l’activité crypto taxable estimée et ce qui est effectivement déclaré au fisc français. Pour 2025, la société évalue l’activité crypto taxable à 9,4 milliards de dollars, ventilée en 1,7 milliard de dollars de revenus, 2,5 milliards de dollars de plus‑values et 5,2 milliards de paiements en crypto. Ces montants indiquent que des flux substantiels échappent aujourd’hui aux contrôles fiscaux.
Les déclarations effectives observées ces dernières années confirment un niveau de déclaration très inférieur. Pour les revenus de 2023 déclarés en 2024, 7 700 contribuables ont déclaré 150,8 millions d’euros de plus‑values nettes. Pour les revenus de 2024 déclarés en 2025, 24 000 contribuables ont déclaré 368 millions d’euros de plus‑values nettes. Ces montants restent loin des milliards identifiés par Chainalysis, et la société rappelle que, dans d’autres pays, les taux de non‑conformité peuvent dépasser 90%.
La donne devrait toutefois évoluer avec DAC8 : dès le 1er janvier 2026, les plateformes crypto enregistrées dans l’Union européenne devront communiquer les données de transaction aux administrations fiscales. Concrètement, les plus‑values réalisées via ces plateformes seront beaucoup plus difficiles à dissimuler, et les revenus de 2026 (déclarés en 2027) devraient refléter cette remontée d’informations.
Reste une limite majeure : les transactions réalisées sur des portefeuilles personnels, en dehors de plateformes centralisées, ne seront pas automatiquement couvertes par ces échanges d’information. Le fossé entre activité réelle et déclarations ne disparaîtra donc pas totalement, et des stratégies hors‑plateformes continueront d’échapper au périmètre de DAC8.


