L’économie iranienne s’est fortement contractée au premier trimestre du calendrier persan, entre fin mars et fin juin. Le produit intérieur brut a reculé de 10,1 % sur un an en incluant le secteur pétrolier, selon le Centre des statistiques iranien. Cette période a été marquée par les bombardements israéliens et américains, puis par un cessez-le-feu en avril après quarante jours de conflit.
La reprise ultérieure des hostilités et le blocus américain des ports iraniens ont fortement perturbé les exportations d’hydrocarbures, pilier de l’économie nationale. Selon le président du Parlement et négociateur en chef iranien, le pays n’aurait exporté aucun baril entre avril et juin lors du précédent blocus. Avant la guerre, environ 20 % du pétrole mondial transitait par le détroit d’Ormuz, dont le contrôle demeure un enjeu stratégique central.
Le choc extérieur amplifie des déséquilibres déjà anciens. L’inflation officielle a atteint 69,9 % sur un an en août, avec des variations particulièrement fortes sur les produits alimentaires. La monnaie nationale continue également de se déprécier : dimanche, un dollar s’échangeait autour de 2,3 millions de rials sur le marché noir. Cette combinaison réduit rapidement le pouvoir d’achat des ménages et complique le financement des entreprises.
Le Fonds monétaire international prévoit désormais une contraction de 5,4 % du PIB iranien sur l’ensemble de l’année, selon ses projections publiées en juillet. Pour les marchés mondiaux, l’enjeu dépasse l’économie iranienne : toute perturbation durable du détroit d’Ormuz ou des flux régionaux peut affecter l’offre pétrolière, les prix de l’énergie, l’inflation importée et les anticipations de taux. La trajectoire dépendra donc de l’évolution militaire, des sanctions et de la capacité du pays à rétablir ses exportations.

