Ryanair prépare les investisseurs à un changement de régime tarifaire dans le transport aérien européen. Son directeur général Michael O’Leary a estimé que les prix des billets pourraient progresser de 10 % à 20 % en Europe en 2027, évoquant une hausse particulièrement forte au cours des douze prochains mois. Cette prévision repose sur deux moteurs : un carburant plus coûteux et une offre de sièges plus contrainte face à une demande qui reste soutenue.

Le carburant d’aviation constitue le premier point de vigilance. D’après les données de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers citées par la source, le prix du kérosène serait passé d’environ 750 dollars la tonne avant le conflit au Moyen-Orient à 1 550 dollars en moyenne en septembre. Le carburant représente habituellement près d’un tiers des coûts d’exploitation d’une compagnie. Ryanair dispose encore d’un amortisseur : le groupe avait couvert 80 % de ses besoins à 67 dollars le baril jusqu’en mars 2027. L’expiration progressive de cette protection pourrait toutefois rendre les comptes plus sensibles aux cours de l’énergie.

La réduction des capacités renforce parallèlement le pouvoir de fixation des prix. Ryanair a déjà supprimé 20 lignes et plus d’un million de sièges en Belgique pour son programme d’hiver. En France, les tarifs auraient progressé de plus de 10 % depuis septembre, avec une hausse supérieure à 12 % sur certaines liaisons internationales, selon les chiffres rapportés.

Pour l’actionnaire, une hausse des prix n’est donc pas automatiquement négative : elle peut soutenir le revenu par passager et préserver les marges. Mais l’équilibre dépendra de l’élasticité de la demande, du niveau réel des cours du carburant et de la discipline de capacité de l’ensemble du secteur. Une hausse trop brutale pourrait décourager les voyageurs les plus sensibles au prix, précisément le cœur de clientèle des compagnies à bas coûts.