Des députés européens, pilotés par l'élue française Stéphanie Yon-Courtin (Renew), ont pressé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, d'exiger de Meta qu'il transpose en Europe les mesures de protection des mineurs annoncées aux États-Unis. En août, Meta a conclu un accord avec une cinquantaine d'États et territoires américains comprenant un paiement de 17 milliards de dollars et des engagements techniques: limiter l'usage des réseaux sociaux à deux heures par jour pour les moins de 18 ans et bloquer l'accès entre minuit et 6h00, assouplissable uniquement par un parent.

Les eurodéputés s'insurgent du fait que l'accord américain ne s'applique que dans les États signataires et comporte une clause précisant qu'il ne crée pas de précédent ailleurs. Ils rappellent par ailleurs que Meta a contesté les conclusions préliminaires d'une enquête de la Commission européenne, laquelle avait en juillet sommé l'entreprise de modifier des interfaces jugées trop "addictives" sur Facebook et Instagram.

Sur la base de ces éléments, les élus demandent à l'exécutif européen de conclure son enquête et, si nécessaire, de condamner Meta en lui imposant des mesures identiques à celles acceptées aux États-Unis. Ils vont plus loin en suggérant que Bruxelles saisisse la justice européenne pour obtenir, en dernier recours, la suspension temporaire de l'accès à Facebook et Instagram — une peine inédite mais prévue par le règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act).

Pour ces parlementaires, une telle suspension et des obligations contraignantes pourraient se montrer plus dissuasives que les amendes déjà infligées aux grandes plateformes, en ciblant directement des fonctionnalités perçues comme nuisibles au bien-être des mineurs.