Roland Lescure a déclaré ce lundi 24 août sur BFM TV que la suspension partielle de l'indexation des pensions sur l'inflation figure parmi les options envisagées pour réduire le déficit. La mesure vise à interrompre l'augmentation automatique des pensions au rythme de l'inflation, alors qu'en 2024 la revalorisation des retraites avait représenté une dépense de 15 milliards d'euros.

Plusieurs modalités restent à définir : l'arrêt de l'indexation s'appliquerait-il au-delà d'un certain seuil (2 000 ou 3 000 euros de pension mensuelle) et concernera-t-on la pension brute ou la pension nette ? À titre d'exemple chiffré, avec une inflation à 2 %, une pension de 1 200 euros verrait sa revalorisation diminuer de 24 euros par mois si l'indexation était supprimée, tandis qu'une pension de 3 000 euros perdrait 60 euros mensuels de pouvoir d'achat si elle n'était plus indexée.

Selon les estimations citées, une désindexation généralisée de toutes les pensions pourrait permettre à l'Etat d'économiser entre 3,6 et 6 milliards d'euros. Mathieu Plane, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), estime que retenir un seuil à 3 000 euros pourrait être un compromis politique : cela limiterait la perte de pouvoir d'achat aux retraités les mieux dotés et dégagerait «un peu plus d'un milliard d'économies», sans toutefois suffire à résoudre le déficit à lui seul.

La porte-parole du gouvernement a confirmé que «aucune contribution supplémentaire des retraités n'a été arbitrée» mais que l'hypothèse est sur la table. Dans la rue, les avis sont partagés : certains dénoncent la mesure, d'autres la jugent acceptable, au nom de la justice sociale, pour les pensions les plus élevées.