Fitch reconsidère la notation souveraine française ce vendredi soir. Lors de sa précédente mise à jour en mars, l’agence avait maintenu la note A+ avec perspective stable, tout en soulignant la solidité des institutions mais en pointant une dette publique élevée et un contexte politique limitant les marges d’assainissement. À la date de fin mars, l’Insee estimait la dette publique à 117,5% du PIB.

Sur le plan macro, Fitch retenait alors un déficit public de 4,9% pour 2026, proche de l’objectif gouvernemental de 5%. Depuis, le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu que l’objectif serait « difficile à atteindre », et le gouvernement a révisé ses prévisions de croissance à la baisse, de 1% initialement à 0,9% puis 0,7%. Les chocs externes — notamment la guerre en Iran et la hausse du pétrole — ont contribué à affaiblir la conjoncture selon des économistes cités par l’article.

Les taux d’emprunt de l’État, au plus haut depuis près de 20 ans, aggravent le sujet en augmentant mécaniquement le coût du service de la dette. Pour certains analystes comme Eric Dor (Ieseg) et Sylvain Bersinger (Bersingéco), ces éléments fournissent à Fitch des motifs de baisser la note ou, au minimum, d’abaisser la perspective pour laisser du temps au gouvernement. La prochaine échéance budgétaire est la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, à un peu plus d’un mois ; le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas encore fixé d’objectif de déficit pour 2027.

Enfin, les échéances de notation se poursuivent : Moody’s interviendra le 23 octobre (Aa3) et S&P le 27 novembre (A+, abaissée l’automne précédent). Le débat sur la dette alimente aussi la campagne, avec des propositions publiques récentes, comme celle de Jean‑Luc Mélenchon évoquant l’annulation partielle de la dette, qui ont suscité des réactions des autres familles politiques.