BASF a confirmé l’existence de discussions exploratoires avec RAG-Stiftung et Evonik Industries en vue d’un éventuel rachat d’Evonik. Cette confirmation intervient après une séance de vendredi marquée par une baisse de 3,59 % de BASF et une hausse de 7,19 % d’Evonik. Lundi matin, les deux titres évoluaient de façon plus modérée, signe que le marché cherche désormais à évaluer la logique financière et industrielle d’une opération encore très préliminaire.

Baader Europe estime que le rapprochement pourrait reposer sur une complémentarité commerciale. BASF vend notamment des produits MDI et TDI à certains fabricants de mousse polyuréthane qui achètent également des catalyseurs et tensioactifs d’Evonik. Cette proximité de clientèle pourrait offrir des synergies commerciales et industrielles.

Le principal point de vigilance reste cependant l’exécution. JPMorgan souligne que BASF et Evonik présentent des chevauchements sur environ un tiers de leur chiffre d’affaires, même si la proportion serait plus faible au niveau du résultat opérationnel. La banque estime que BASF pourrait trouver ailleurs des opportunités offrant des rendements plus élevés avec moins de risques d’exécution.

Pour les investisseurs, l’équation dépendra donc du prix proposé, du financement, des synergies réellement accessibles et des éventuelles contraintes réglementaires. À ce stade, aucune transaction définitive n’est annoncée. Le dossier reste avant tout celui de discussions exploratoires, ce qui justifie de distinguer la logique stratégique potentielle d’une création de valeur effectivement démontrée.