Face à un conflit qui s’enlise, Kiev mise sur une montée en gamme de ses drones kamikazes longue portée pour frapper et surveiller des cibles bien au-delà du front. Le ministère ukrainien a présenté le Dovbouch T40, évolution du T20 : il offre désormais une portée annoncée d’environ 2 000 km contre 500 km pour le T20, une envergure de 5 mètres et une autonomie de plus de 24 heures. Lors des essais, le T40 a montré une faible signature radar et une bonne résistance à la guerre électronique, qualités mises en avant pour échapper aux systèmes russes de détection et de brouillage.
Le Dovbouch T40 est décrit comme polyvalent : outre la reconnaissance en profondeur, il peut mener des frappes de précision contre des infrastructures comme des bases aériennes russes, étendant la zone d’action ukrainienne « au-delà de l’Oural » et dans l’ouest de la Sibérie selon les reportages cités. Cette rupture de capacité par rapport aux Midstrike précédents change l’échelle géographique possible des opérations menées par Kyiv.
Parallèlement, le MICH 2000 — d’inspiration civile chinoise et comparable aux Shahed iraniens dans la forme — est déjà en service depuis 2024, mais son existence a été tenue secrète jusqu’au 12 août. L’unité Alpha du SBU est la seule autorisée à s’en servir. Le MICH 2000 revendique 2 000 km de portée et une charge utile de 60 kg d’explosifs. La production actuelle atteint 6 000 unités par an à un coût de départ affiché de 41 000 euros l’unité, et Kiev espère porter la cadence à 10 000 par an.
Ces deux plates-formes confirment la stratégie ukrainienne d’extension de la portée et de la quantité : combiner moyens tactiques (masses de drones) et capacités stratégiques (portée et furtivité) pour compenser l’asymétrie face aux systèmes russes.


