La Banque centrale européenne a augmenté son principal taux directeur (taux de dépôt) de 25 points de base, le portant à 2,5%, son niveau le plus élevé depuis mars 2025. Cette décision, prise lors d'une réunion délocalisée à Berlin, répond au renchérissement des prix de l'énergie après les hostilités entre Washington et Téhéran et les attaques des rebelles houthis sur des flux maritimes, qui ont poussé le Brent au-dessus de 100 dollars le baril.

Face à une inflation globale remontée à 3,3% en août dans la zone euro — un sommet sur trois ans et nettement au-dessus de l'objectif de 2% — la BCE juge nécessaire de resserrer la politique monétaire pour contenir les risques de second tour. L'inflation sous-jacente a toutefois légèrement décéléré à 2,4% sur un an, ce qui indique des tensions toujours présentes mais pas encore généralisées à l'ensemble des prix.

En relevant ses taux, l'institution vise à ralentir la demande en renchérissant le crédit immobilier, les prêts aux entreprises et le coût du financement public, limitant ainsi la capacité des agents économiques à répercuter des hausses de coûts dans leurs prix ou à consentir des hausses salariales généralisées. Le communiqué souligne que les perspectives restent « hautement incertaines » avec des risques orientés à la hausse pour l'inflation et à la baisse pour la croissance, laissant ouverte la possibilité d'un nouvel ajustement.

Sur les prévisions, la BCE confirme une inflation à 3,0% pour 2026 et relève sa prévision à 2,5% pour 2027 (contre 2,3% auparavant). Elle améliore légèrement sa projection de croissance pour 2026 à 0,9% (contre 0,8% auparavant) et anticipe une accélération du PIB à 1,4% en 2027 puis 1,5% en 2028, argument repris par des économistes pour justifier qu'un nouveau tour de vis ne compromettrait pas excessivement l'activité.