La Banque centrale européenne a relevé jeudi son principal taux directeur sur les dépôts de 25 points de base, le portant à 2,5 %, décision prise lors d'une réunion délocalisée à Berlin. Il s'agit du deuxième relèvement de l'année après une hausse en juin et une pause en juillet. Le communiqué souligne des perspectives « hautement incertaines » et des risques haussiers pour l'inflation ainsi qu'une possibilité de resserrement supplémentaire.

La décision est directement liée au rebond des prix de l'énergie provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Les hostilités entre Washington et Téhéran, ainsi que les attaques des rebelles houthis contre l'Arabie saoudite, ont fait remonter le Brent au-dessus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin juillet, menaçant les flux transitant par Bab el-Mandeb et Ormuz. Dans une zone euro très dépendante des importations énergétiques, l'inflation globale a atteint 3,3 % en août, son plus haut niveau depuis trois ans, tandis que l'inflation sous-jacente a légèrement ralenti à 2,4 %.

La BCE redoute que le choc énergétique ne se transmette plus largement via des effets de second tour — hausses de salaires et répercussion des coûts par les entreprises — et use de la hausse des taux pour freiner la demande : le crédit immobilier, les prêts aux entreprises et le coût du financement public deviennent plus chers, limitant la capacité des entreprises à augmenter leurs prix.

Sur les prévisions, Francfort maintient une inflation à 3,0 % pour 2026 et la relève à 2,5 % pour 2027 (contre 2,3 % auparavant). La croissance anticipée pour 2026 est légèrement révisée à 0,9 % (contre 0,8 % précédemment), le PIB devant ensuite grimper de 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028. Des commentateurs, comme Kamil Kovar (Moody's Analytics), estiment que la probabilité d'un nouveau tour de vis a augmenté, même si les prix de l'énergie se stabilisaient.