Kevin Warsh, désigné par le président Donald Trump et en fonction depuis mai, doit prononcer vendredi à 14h00 GMT son premier discours en tant que patron de la Réserve fédérale à Jackson Hole. Ce rendez‑vous annuel attire l’attention des décideurs monétaires et des investisseurs, impatients d’en savoir davantage après une entrée en fonction marquée par une communication restreinte.
Depuis son arrivée, M. Warsh a lancé plusieurs groupes de travail chargés de revoir le fonctionnement, la réflexion et la communication de l’institution. Il a parallèlement posé comme principe de ne pas donner d’indications sur la trajectoire possible de la politique monétaire, stratégie qui irrite une partie du marché et des observateurs. Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, estime que les investisseurs ont été « déçus » et regrettent l’absence de précisions sur les conditions qui conduiraient la Fed à ajuster ses taux.
La pression pour un durcissement de la politique monétaire existe néanmoins au sein même de la Fed. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland et membre votant, a déclaré depuis Jackson Hole qu’« il est maintenant temps d’agir », pointant le risque d’une inflation durablement supérieure à l’objectif. L’inflation était de 3,7% en juillet, au‑dessus de la cible officielle de 2%, et a été ravivée selon la source par la guerre au Moyen‑Orient et la hausse des prix de l’énergie.
Pour l’instant, certains analystes, comme Bernard Yaros d’Oxford Economics, estiment que M. Warsh s’en tient à une stratégie de « moins c’est mieux » en matière de communication. La prochaine décision opérationnelle de la Fed est attendue lors de la réunion de mi‑septembre : la banque centrale n’a pas modifié ses taux depuis décembre 2025.


