À l’approche des élections législatives russes des 18 au 20 septembre, la situation économique et sociale se dégrade. Des frappes ukrainiennes ont visé des entrepôts, des raffineries et des dépôts pétroliers. Les dommages causés aux infrastructures économiques représenteraient environ 1 % du produit intérieur brut russe selon une estimation attribuée à Vladimir Poutine.
L’économie fonctionne désormais à deux vitesses. Le secteur militaire reste soutenu par les commandes publiques, tandis que les activités civiles subissent le coût du crédit, les sanctions et les tensions d’approvisionnement. Les autorités prévoient une croissance du PIB de seulement 0,6 % en 2026, après 1 % en 2025 et 4,9 % en 2024.
L’inflation atteint 6,3 % et le taux directeur de la banque centrale demeure à 14 %. Ces niveaux limitent l’accès au financement pour les entreprises et les ménages. Des pénuries de carburant ont été signalées dans plusieurs régions, y compris autour de grandes villes, tandis que les restrictions d’accès à internet perturbent les usages quotidiens et certaines activités économiques.
Selon les éléments cités, deux tiers des personnes interrogées disent avoir été confrontées récemment à une pénurie d’essence, à la fermeture d’une station-service ou à une coupure d’internet. Malgré ces difficultés, le mécontentement ne se transforme pas nécessairement en opposition ouverte à la guerre ou au Kremlin. La population continue principalement de s’adapter à la dégradation de ses conditions de vie.
Le scrutin se déroule dans un environnement politique très contrôlé. Le parti Iabloko, présenté comme la seule formation ouvertement opposée à la guerre, a été écarté des élections par la justice. Cette combinaison de ralentissement, d’inflation élevée et de verrouillage politique accroît les risques économiques à moyen terme.

