Elon Musk a réagi brièvement à des travaux de Tim Palmer (Oxford), lesquels soutiennent que la nature ne présente pas de continuité lisse et que l’intrication quantique bute sur un seuil infranchissable. Palmer, membre de la Royal Society et spécialisé en modélisation météorologique, publiait en mars dans les PNAS une estimation plaçant ce plafond entre 200 et 400 qubits pour les architectures actuelles, avec une limite absolue qu’il juge peu susceptible de dépasser 1 000 qubits. Musk n’abordait pas Bitcoin dans son message de cinq mots, mais sa prise de position a été transformée par certains en argument quant à la sécurité déjà acquise du réseau BTC.
Plusieurs intervenants ont repris l’idée en liant ce plafond aux exigences pratiques pour casser les clés privées de Bitcoin. Des travaux récents de Han Luo et ses co-auteurs ont estimé qu’environ 835 qubits logiques seraient nécessaires pour exécuter l’algorithme de Shor contre les signatures Bitcoin, un chiffre révisé à la baisse par rapport aux estimations antérieures (1 098 et 1 175). Ces estimations décroissantes restent la principale donnée à suivre pour évaluer réellement la menace.
Le chemin technologique reste toutefois long : le matériel quantique n’a pas encore atteint ces niveaux, et IBM vise une machine à 200 qubits logiques d’ici 2029, palier utile pour tester la thèse de Palmer mais insuffisant pour compromettre Bitcoin selon les chiffres cités. Parallèlement, la communauté du développement Bitcoin explore des propositions de migration vers des signatures post-quantiques, ne comptant pas sur des limites physiques théoriques pour garantir la sécurité.
Sur le marché, la réaction a été mesurée : le cours du BTC évoluait autour de 78 449 dollars, en hausse de 1,17 % sur la journée, sans mouvement clair attribuable au débat scientifique. Le véritable test pratique de ces théories et des capacités matérielles pourrait se jouer vers 2029, lorsque des machines de plus grande ampleur seront disponibles pour validation empirique.


