L’école des robots de Hangzhou, portée par l’université du Zhejiang (ZJU), propose un parcours de «formation» pour machines : les entreprises inscrivent leurs robots, lesquels sont évalués, entraînés sur des tâches ciblées et peuvent obtenir un certificat attestant d’une capacité opérationnelle spécifique. Sur place, l’Humanoïde Wuji de Unitree se présente comme «stagiaire», illustrant l’ambition pédagogique mais aussi le stade expérimental de ces systèmes.

Le secteur attire massivement investisseurs et industriels : des centaines d’entreprises étaient réunies lors d’une conférence internationale à Pékin le jour de l’entrée en Bourse très attendue du géant Unitree. Pourtant, Unitree lui‑même admet dans son prospectus que le déploiement commercial reste «incertain», avec un risque que les progrès ne répondent pas aux attentes commerciales.

Les limites techniques sont soulignées par plusieurs spécialistes : entraîner le «cerveau» d’un robot pour réagir à des situations imprévisibles demande des dizaines de milliers d’heures de données et des méthodologies d’apprentissage très spécifiques. Des ateliers montrent des humains répétant des gestes (plier des vêtements, déplacer des objets, vaporiser) pendant qu’un humanoïde essaie de reproduire ces actions, soulignant la distance qui sépare démonstrations et utilité économique réelle.

Sur le plan géopolitique, Pékin soutient activement le secteur dans ses derniers plans quinquennaux, tandis que Washington a interdit en juillet les importations de robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers, invoquant la sécurité nationale. La Chine détient selon Counterpoint plus de 90% du marché des robots humanoïdes, mais les analystes estiment que les États‑Unis restent en avance sur les logiciels et la recherche de pointe. Les valorisations du secteur reposent largement sur l’hypothèse d’une future polyvalence réelle des robots — une transition non garantie qui représente un risque existentiel pour nombre d’entreprises.