Le projet de SoftBank visant à racheter la division robotique d’ABB pour 5,4 milliards de dollars se heurte à un obstacle majeur en Chine. Selon le Financial Times, cité par Investing.com, les autorités chinoises auraient informé le conglomérat japonais qu’elles n’autoriseraient pas l’opération. La Commission nationale du développement et de la réforme serait à l’origine de cette décision. Aucune confirmation officielle détaillée du régulateur n’est toutefois fournie dans les éléments disponibles.
L’enjeu chinois est central, car le pays constitue le premier marché de l’activité robotique d’ABB. Même lorsqu’une transaction réunit deux groupes étrangers, une forte présence commerciale locale peut rendre l’autorisation chinoise déterminante. Pour SoftBank, le blocage remet en cause une acquisition qui devait soutenir la stratégie d’« intelligence artificielle physique » défendue par son dirigeant Masayoshi Son. La robotique était présentée comme un axe important de sa nouvelle offensive dans l’IA.
SoftBank chercherait désormais à comprendre les motifs du refus et à déterminer si une nouvelle demande est possible. Cette option laisse ouverte une reprise du processus, éventuellement avec des engagements ou une structure modifiée. Elle ne garantit pas que les autorités changent de position. Les investisseurs devront aussi surveiller les conditions contractuelles de l’accord, notamment les éventuelles clauses de rupture, qui ne sont pas précisées dans la source.
Le marché a immédiatement intégré ce risque. L’action SoftBank a perdu environ 5 %, contre un recul de seulement 0,5 % pour le Nikkei 225. La baisse ne provient cependant pas uniquement du dossier ABB. Le groupe a aussi souffert du repli d’Arm Holdings, l’un de ses principaux actifs, après des prévisions trimestrielles jugées décevantes, ainsi que d’un mouvement de vente plus large sur les valeurs technologiques et liées à l’IA.
Pour ABB, l’incertitude concerne la réalisation d’une cession importante et l’utilisation future du produit attendu. Si l’opération échoue, le groupe suisse conservera une activité exposée à la croissance de l’automatisation industrielle, mais devra clarifier sa stratégie et ses besoins d’investissement. La valeur économique de la division ne disparaît pas, mais la prime implicite d’une vente certaine peut être remise en question.
Pour l’investisseur français, cet épisode rappelle que les opérations technologiques internationales comportent un risque réglementaire qui dépasse les seuls pays d’origine de l’acheteur et de la cible. Avant de miser sur une finalisation, il faut distinguer l’accord signé, les autorisations requises et le calendrier réel. La prochaine étape décisive sera une communication officielle de SoftBank ou d’ABB précisant si le projet est abandonné, renégocié ou redéposé auprès des autorités chinoises.


