Le signal conjoncturel chinois s’est nettement dégradé en octobre. L’indice officiel PMI manufacturier est tombé à 49,3, après 50,1 en septembre, alors que le consensus attendait 50,0. Sous le seuil de 50, l’indicateur traduit une contraction de l’activité. Le repli touche aussi les services et la construction, dont le PMI est passé de 50,2 à 49,7.
Cette faiblesse est d’abord celle de la demande. Les nouvelles commandes, y compris à l’exportation, sont restées en zone de contraction. La production et les achats ont eux aussi basculé sous 50. Les expéditions chinoises avaient pourtant soutenu l’économie pendant une grande partie de l’année. Mais certaines commandes étrangères liées aux fêtes de fin d’année ont été avancées en septembre, tandis que l’élan de consommation observé pendant la fête nationale s’est essoufflé.
Le tableau n’est pas uniformément négatif. Les activités ferroviaires, navales, aéronautiques, informatiques et électroniques ont affiché des sous-indices d’au moins 53. Les entreprises exposées aux infrastructures d’intelligence artificielle continuent également de progresser, à l’image du fabricant de modules optiques Zhongji Innolight, dont le bénéfice trimestriel a presque triplé. À l’inverse, les secteurs traditionnels et liés à l’immobilier restent sous pression. Le fabricant de mobilier Oppein Home a vu son bénéfice net trimestriel chuter de 80 %.
Pour un investisseur français, ce PMI constitue surtout un signal de prudence sur les sociétés dépendantes de la demande chinoise. Les groupes du luxe, des matières premières, de l’automobile et des biens d’équipement pourraient être sensibles à une reprise moins vigoureuse. Un ralentissement prolongé pèserait aussi sur les métaux industriels et sur les devises des pays exportateurs de ressources. À l’inverse, l’espoir de nouvelles mesures de soutien pourrait favoriser ponctuellement les actifs chinois et les valeurs européennes les plus exposées.
La situation ne justifie toutefois pas une lecture trop brutale. Le PMI est une enquête mensuelle, susceptible d’être influencée par le calendrier des commandes. La croissance du PIB a accéléré à 4,5 % au troisième trimestre, contre 4,3 % au précédent, et l’objectif annuel officiel de 4,5 % à 5 % reste accessible. L’excédent commercial devrait par ailleurs dépasser les 1 200 milliards de dollars enregistrés l’an dernier.
Le prochain enjeu sera donc la réponse de Pékin. Des économistes réclament davantage de soutien à la demande intérieure, notamment via des subventions d’intérêts pour l’immobilier et l’investissement. Pour les marchés, la qualité et la rapidité de ces mesures compteront davantage qu’une seule statistique mensuelle.


