Danone a publié un troisième trimestre légèrement supérieur aux attentes, tout en montrant une croissance encore très dépendante des hausses de prix. Le chiffre d’affaires net a atteint 7,23 milliards d’euros. En données comparables, les ventes ont progressé de 4 % sur un an, contre 3,7 % attendus par les analystes. En données publiées, la hausse atteint 5,2 %.\n\nLa composition de cette croissance mérite toutefois une lecture attentive. Danone a relevé ses prix de 3,6 %, bien davantage que les 2,8 % anticipés par le consensus. Les volumes, mesurés par la croissance interne réelle, n’ont augmenté que de 0,4 %, alors que le marché attendait 0,9 %. Le dépassement des ventes provient donc principalement de la tarification, et non d’une accélération franche de la demande.\n\nLa faiblesse des volumes s’explique en partie par Mizone en Chine. L’activité a été pénalisée par des conditions météorologiques défavorables, ce qui a réduit la demande. Cet élément peut être temporaire, mais il faudra vérifier que la normalisation du climat permet effectivement un rebond. Si les volumes restent faibles au-delà de cet effet, le marché pourrait s’interroger sur la capacité de Danone à soutenir sa croissance sans nouvelles hausses de prix.\n\nLe groupe confirme ses objectifs 2026. Il vise toujours une croissance comparable du chiffre d’affaires comprise entre 3 % et 5 %, ainsi qu’une progression du résultat opérationnel courant plus rapide que celle des ventes. Cette dernière ambition est centrale pour l’investisseur: elle suppose que la combinaison entre prix, volumes et maîtrise des coûts continue d’améliorer la rentabilité.\n\nLa publication présente donc deux messages. Le premier est rassurant, car Danone dépasse les attentes et maintient sa trajectoire annuelle dans un environnement qualifié de volatil. Le second appelle davantage de prudence, car une croissance portée par les prix peut devenir plus difficile à répéter si le consommateur réduit ses achats ou se tourne vers des alternatives moins chères.\n\nPour l’investisseur français, le titre conserve les caractéristiques d’une valeur de consommation relativement défensive, mais la qualité du prochain trimestre dépendra moins du chiffre d’affaires total que du retour des volumes. Il faudra notamment suivre Mizone en Chine, la capacité à maintenir les prix et l’évolution du résultat opérationnel. Une amélioration simultanée des volumes et de la marge offrirait une confirmation plus solide que le seul dépassement trimestriel.