Le domaine Psagot, situé dans la colonie de Shaar Binyamin face au village palestinien de Mikhmas, se trouve au cœur d’une nouvelle onde de choc diplomatique: le Royaume‑Uni, la France et le Canada ont décidé d’interdire l’importation de produits provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie. Yaakov Berg, propriétaire du vignoble, dit exporter environ 60% de sa production, avec près d’un million de dollars de ventes annuelles vers le Royaume‑Uni, ainsi que des livraisons vers les États‑Unis, l’Amérique du Sud et d’autres pays européens. Il anticipe des pertes à court terme, mais promet une hausse des ventes à plus long terme et refuse de quitter les lieux, invoquant des convictions nationales et religieuses et une expérience passée des appels au boycott depuis l’ouverture de son domaine il y a une vingtaine d’années.
Les décisions de Londres, Paris et Ottawa répondent, selon leurs communiqués, à «l’expansion systématique des colonies» et à «la hausse considérable de la violence des colons», jugées menaçantes pour la solution à deux États. Neuf autres pays européens envisagent des mesures similaires. Les exportations issues des colonies — surtout des produits agricoles, du vin et des cosmétiques de la mer Morte — ne sont pas ventilées dans les statistiques officielles israéliennes, rendant leur traçabilité difficile; le quotidien Calcalist les évalue toutefois à moins de 1% des exportations nationales totales.
Le contexte local ajoute une dimension sociale et sécuritaire: près de 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens, et le village de Mikhmas a subi plusieurs attaques de colons cette année. Une communauté bédouine a été déplacée en février, selon le reportage. Berg minimise l’ampleur de ces violences et qualifie les sanctions et certaines accusations diplomatiques, comme celles évoquant un «nettoyage ethnique», d’expressions d’antisémitisme. Il conclut en promettant d’élargir la production et la présence coloniale: «Nous cultiverons davantage de raisins, nous construirons plus de maisons, et nous resterons.»


