Depuis plusieurs interventions publiques, le président Masoud Pezeshkian a multiplié les appels à mettre fin au conflit avec les États-Unis en soulignant le fardeau économique et social que la guerre fait peser sur la population iranienne. Il défendait le mémorandum d’entente signé en juin comme la meilleure issue possible et affirmait qu’en l’appliquant l’Iran pourrait résoudre les tensions « avec logique et dignité ». L’accord s’est effondré le mois suivant en lien avec un désaccord sur le contrôle du détroit d’Ormuz.
Pezeshkian a reçu des soutiens au sein du régime, notamment du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et de l’ayatollah Seyyed Hassan Khomeini, qui ont posé l’argument économique et social au cœur du débat : sans croissance, circulation financière et production nationale, la survie du régime est menacée. Ces voix appellent le reste des institutions à « être aux côtés du peuple » et à prioriser la réduction de l’inflation, la préservation des revenus et la stabilité de l’emploi.
Face à ce courant modéré, la ligne dure reste influente. Les Gardiens de la révolution et les ultraconservateurs du mouvement Paydari, représentés par des responsables tels qu’Ahmad Vahidi et Mohsen Rezaei, défendent le maintien de la pression militaire et rejettent tout compromis perçu comme trop favorable à Washington. Le désaccord central porte moins sur l’idée d’une issue que sur les conditions d’un éventuel accord, en particulier la navigation et le contrôle dans le détroit d’Ormuz.
À l’international, la pression américaine s’intensifie : la Maison-Blanche prépare une nouvelle série de sanctions et une « guerre économique » visant à forcer des concessions iraniennes, et a refusé des propositions qui ne garantiraient pas la libre circulation dans le détroit. Des analystes avertissent que la pression économique pourrait rendre difficile un recul sans perte de face, et que malgré les appels à la désescalade la probabilité d’une escalade reste significative.

