En Transcarpatie, dans l’ouest de l’Ukraine, Château Chizay prépare l’hiver en installant des panneaux solaires afin de limiter l’effet des coupures d’électricité. Le domaine produit environ 1,3 million de bouteilles par an, principalement à partir de sauvignon, muscat et riesling, avec le furmint parmi ses cépages emblématiques.

La récolte reste cependant compliquée par le manque de travailleurs. L’exploitation a besoin d’environ 110 saisonniers pour vendanger ses 270 hectares, mais la mobilisation militaire et les déplacements de population réduisent la main-d’œuvre disponible. Cette contrainte oblige les producteurs à ajuster l’organisation des équipes et le rythme des récoltes.

Le climat modifie également le calendrier. Selon le domaine, les vendanges avancent de deux à trois jours chaque année sous l’effet du réchauffement. Des températures plus élevées pourraient accroître le potentiel de production de vins rouges dans une région historiquement associée aux blancs, mais elles exigent aussi une adaptation des pratiques agricoles.

Au-delà des vignobles, la guerre touche directement la chaîne de distribution. Un entrepôt du négociant Okwine a été frappé, causant des dommages estimés par l’entreprise à 13,5 millions de dollars, soit environ 11,6 millions d’euros. Cet épisode illustre les risques matériels supportés par les stocks, la logistique et les infrastructures énergétiques.

Les montants cités dans les médias ukrainiens montrent enfin un marché intérieur très dépendant des importations. Les exportations de vin ukrainien atteindraient environ 11 millions de dollars par an, principalement vers la Roumanie, tandis que les importations avoisineraient 200 millions de dollars. Dans ce contexte, l’intérêt croissant des consommateurs pour les bouteilles locales offre un soutien, sans compenser à lui seul les difficultés de production et de distribution.