Dans les quartiers commerçants du vieux Dubaï, les produits iraniens restent présents malgré la guerre et l’annonce par les Émirats arabes unis d’une suspension des relations commerciales et financières avec Téhéran. Certains produits sont devenus plus rares ou plus chers, mais le safran, les fruits à coque et d’autres denrées continuent d’arriver.

Des grossistes expliquent que les approvisionnements passent notamment par des ports omanais. Les liaisons aériennes ont également repris après une courte interruption, permettant l’acheminement de marchandises depuis l’Iran. Ces circuits montrent l’écart qui peut exister entre une décision politique et son application immédiate dans des réseaux commerciaux constitués depuis plusieurs décennies.

L’enjeu économique est important. Les marchandises expédiées depuis les Émirats représentaient plus de 30 % des importations iraniennes en 2024, pour environ 21 milliards de dollars. L’Iran était parallèlement le troisième client des Émirats, absorbant près de 12 % de leurs exportations, soit plus de 7 milliards de dollars selon les données citées de l’Organisation mondiale du commerce. Dubaï reste aussi un centre financier majeur pour les entrepreneurs iraniens.

Les États-Unis ont annoncé fin août de nouvelles mesures contre les partenaires commerciaux de l’Iran et sanctionné le directeur de la branche dubaïote de la banque iranienne Melli. La décision d’Abou Dhabi traduit donc un alignement politique et sécuritaire avec Washington. Elle ne garantit cependant pas l’arrêt des flux informels ni des relations entre acteurs privés. Les Émirats ont diversifié leurs partenaires au fil des années, ce qui réduit leur dépendance à l’Iran, mais une coupure brutale créerait encore un vide commercial difficile à remplacer.