Les échanges entre Dubaï et l’Iran résistent aux tensions politiques et militaires. Dans les commerces du vieux Dubaï, plusieurs produits iraniens restent disponibles, même si certaines références sont devenues plus rares ou plus chères depuis le début du conflit. Des grossistes disent poursuivre leurs approvisionnements, notamment via des ports omanais, tandis que la reprise des liaisons aériennes permet aussi l’acheminement de marchandises.

Cette continuité s’explique par des liens économiques anciens. Dubaï accueille une importante communauté iranienne et constitue depuis longtemps une plateforme commerciale et financière pour les entreprises du pays. En 2024, les marchandises expédiées depuis les Émirats représentaient plus de 30 % des importations iraniennes, pour environ 21 milliards de dollars. Les Émirats absorbaient aussi près de 12 % des exportations de l’Iran, soit plus de 7 milliards de dollars.

La suspension annoncée par Abou Dhabi intervient dans un contexte de pression américaine accrue. De nouvelles sanctions ont notamment visé des partenaires commerciaux de l’Iran et le responsable de la branche dubaïote de la banque iranienne Melli. Cette orientation politique peut compliquer les paiements, les assurances et la logistique, sans faire disparaître immédiatement les flux privés et informels.

Le rapprochement diplomatique évoqué après une rencontre entre le président iranien et le prince héritier d’Abou Dhabi montre toutefois que les deux parties cherchent à préserver une marge de dialogue. La suite dépendra de l’application concrète des restrictions, de l’attitude américaine et de la capacité des entreprises à maintenir leurs circuits d’approvisionnement.