Exosens a reculé de plus de 7 %, autour de 55,40 euros, malgré une activité en forte croissance. Le spécialiste français de la vision nocturne et de l’imagerie a enregistré une hausse de 23,5 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2026. Sur les neuf premiers mois, les ventes atteignent 386,9 millions d’euros, soit une progression de 18 %, dont 14,4 % à périmètre et taux de change constants.
La réaction négative du marché s’explique surtout par la rentabilité. La marge brute ajustée a augmenté de 16,1 % en valeur, à 194,9 millions d’euros, mais son taux est revenu de 51,2 % à 50,4 %. Cette baisse de 0,8 point montre que la croissance du chiffre d’affaires ne se transforme pas intégralement en amélioration proportionnelle du résultat brut. Après le parcours soutenu du titre, les investisseurs attendaient manifestement une exécution presque sans défaut.
Les activités restent néanmoins bien orientées. Le pôle Amplification a progressé de 15,5 % sur neuf mois, à 267,8 millions d’euros. Détection et Imagerie a gagné 23,7 %, à 120 millions, grâce notamment aux drones, aux systèmes de lutte contre les drones et au nucléaire. La demande de tubes intensificateurs d’image demeure supérieure aux capacités disponibles, tandis que les nouvelles installations européennes montent en cadence plus rapidement que prévu.
La direction confirme ses objectifs relevés en septembre. Elle vise pour 2026 un chiffre d’affaires compris entre 558 et 570 millions d’euros et un EBITDA ajusté de 186 à 192 millions. Au milieu de ces fourchettes, les progressions atteindraient environ 20 % pour les ventes et 25 % pour l’EBITDA par rapport à 2025. Cette confirmation limite la portée du signal négatif envoyé par la marge brute trimestrielle.
Les analystes cités attribuent l’érosion à un mix de produits temporairement moins favorable. Les systèmes complets de vision nocturne et l’imagerie de défense sont moins rentables que certaines activités de sciences de la vie. Ils anticipent un redressement au quatrième trimestre si la composition des ventes s’améliore. Bernstein conserve une opinion de surperformance avec un objectif de 74 euros, tandis que TP ICAP Midcap maintient son conseil d’achat et une cible de 68 euros. Ces objectifs restent des estimations, pas des garanties.
Pour l’investisseur, le dossier oppose donc une croissance industrielle robuste à une exigence accrue sur les marges. La baisse du cours peut paraître sévère si la contraction est réellement transitoire. Elle serait en revanche justifiée si le mix moins rentable devenait durable ou si la montée en capacité générait davantage de coûts que prévu.
Le quatrième trimestre sera décisif. Il faudra surveiller la marge brute, la contribution des sciences de la vie, la cadence des nouveaux sites et la capacité du groupe à atteindre ses objectifs annuels. La demande liée à la défense offre une visibilité appréciable, mais elle ne dispense pas Exosens de convertir cette croissance en bénéfices et en trésorerie.


