Ferrovial a enregistré une croissance soutenue au cours des neuf premiers mois de 2026, grâce à ses concessions autoroutières en Amérique du Nord et à l’amélioration de sa division Construction. Le chiffre d’affaires a atteint 7,4 milliards d’euros, en hausse de 10,8 % à périmètre comparable et de 7,1 % en données publiées. L’EBITDA ajusté a progressé plus rapidement, de 21,8 % à données comparables, pour atteindre 1,21 milliard d’euros.

La division Autoroutes demeure le principal moteur du groupe. Son chiffre d’affaires a augmenté de 14,7 % à périmètre comparable, à 1,1 milliard d’euros, tandis que son EBITDA ajusté a progressé de 12,4 %, à 816 millions. Les actifs américains ont généré à eux seuls 800 millions d’euros d’EBITDA ajusté. Ferrovial a également reçu 524 millions d’euros de dividendes issus de son portefeuille de projets, un élément important pour apprécier la capacité des concessions à remonter des liquidités vers la société mère.

La tarification des voies gérées aux États-Unis constitue un avantage notable. Le revenu par transaction y a progressé de 10 % à 17,1 % selon les actifs, bien au-delà d’une inflation américaine donnée à 2,7 %. Au Canada, la 407 ETR a compensé une légère baisse du trafic par une hausse de 18,4 % de ses revenus, à 1,79 milliard de dollars canadiens, et de 21 % de son EBITDA. Son conseil a approuvé un dividende de 1,05 milliard de dollars canadiens au titre du quatrième trimestre.

La construction apporte aussi une contribution plus qualitative. Sa marge d’EBIT ajusté atteint 4,1 %, au-dessus de l’objectif moyen de long terme de 3,5 %. Le carnet de commandes s’établit à un record de 19 milliards d’euros, dont 51 % en Amérique du Nord, 21 % en Pologne et 15 % en Espagne. Deux nouveaux contrats routiers, à Nashville et dans la région d’Atlanta, renforcent encore l’exposition américaine.

Pour l’investisseur, cette publication associe croissance, visibilité et solidité financière. Ferrovial disposait de 5,1 milliards d’euros de liquidités et d’une trésorerie nette consolidée de 1,7 milliard, hors projets d’infrastructure. Cette position offre une marge de manœuvre pour financer de nouveaux projets et absorber des décalages de chantier.

Les risques ne disparaissent pas pour autant. La concentration sur de grandes infrastructures nord-américaines expose le groupe aux décisions réglementaires, à l’évolution du trafic et aux coûts de construction. Un carnet record ne garantit pas la rentabilité future de chaque contrat. La capacité à maintenir la marge de la construction, à convertir les résultats en trésorerie et à préserver le pouvoir tarifaire des autoroutes sera donc déterminante pour confirmer la qualité de la trajectoire.