Foxconn a profité de son événement technologique annuel pour dévoiler trois nouveaux véhicules électriques de référence. Le groupe taïwanais, connu pour l’assemblage de produits électroniques, élargit ainsi à douze modèles une gamme destinée à convaincre des constructeurs automobiles d’utiliser ses capacités de conception et de production.
Le MODEL A+ prend la forme d’un SUV haut de gamme du segment B. Foxconn met en avant un moteur intégré à la roue et une architecture électrique et électronique configurable. Le véhicule prévoit aussi des fonctions d’alimentation de secours et de gestion de la température, pensées pour prolonger les usages lorsque la voiture est à l’arrêt.
Le MODEL K+ vise un positionnement plus accessible et une clientèle jeune. Sa conception doit permettre aux partenaires de choisir plusieurs éléments, notamment l’apparence, l’aménagement intérieur, l’autonomie et l’architecture technique. Cette flexibilité illustre le cœur de l’offre de Foxconn: fournir une base adaptable que chaque marque peut commercialiser sous sa propre identité.
Le troisième véhicule, également nommé MODEL K, est un petit pick-up utilitaire conforme au format japonais des kei cars. Il cible la livraison du dernier kilomètre et d’autres services de mobilité. Foxconn souligne un coût d’exploitation et d’entretien réduit, ainsi qu’une benne allongée et un seuil de chargement abaissé.
Pour l’investisseur, l’enjeu dépasse ces trois prototypes. Foxconn cherche à transposer dans l’automobile un modèle de sous-traitance qui a fait sa force dans l’électronique. Le groupe ne mise donc pas principalement sur la construction d’une marque grand public. Il propose aux acteurs établis des services de conception et de fabrication, complétés par des batteries, des systèmes de gestion de batterie, des chaînes de traction et des architectures électroniques.
Cette approche peut limiter les dépenses commerciales nécessaires au lancement d’une nouvelle marque, tout en multipliant les clients potentiels. Elle expose toutefois Foxconn aux cycles de décision longs de l’industrie automobile, aux exigences de sécurité et à la pression sur les marges propre à la sous-traitance. La présentation de modèles ne garantit ni commandes fermes ni volumes de production.
La prochaine étape sera donc commerciale. Les investisseurs devront distinguer la richesse du catalogue de la capacité à convertir ces plateformes en contrats, puis à produire en série avec une qualité constante. Le potentiel est réel, mais sa traduction dans les résultats dépendra des partenariats, des cadences et de la discipline d’investissement.


