L'industrie française a perdu son élan en octobre. L'indice PMI manufacturier S&P Global et HCOB est retombé à 49,5 points, contre 50,6 en septembre. Un niveau inférieur à 50 signale une contraction de l'activité. La donnée définitive est légèrement meilleure que l'estimation préliminaire de 49,3, mais elle met fin à deux mois consécutifs d'expansion.

Le détail de l'enquête est plus préoccupant que l'écart limité avec le seuil de 50. Les nouvelles commandes ont enregistré leur plus forte baisse depuis juillet 2025. Face à cette demande plus faible, les entreprises ont réduit leur production, leurs achats et leurs effectifs. Cette combinaison indique que les industriels adaptent déjà leurs capacités à un environnement commercial moins favorable.

Dans le même temps, les pressions sur les coûts se renforcent. Les entreprises interrogées citent notamment les matières premières, les carburants et l'énergie. Pour un investisseur, ce double mouvement est important: la demande ralentit alors que les charges augmentent. Les sociétés capables de relever leurs prix ou d'améliorer leur productivité seront mieux armées. Celles qui disposent de marges faibles, de contrats à prix fixe ou d'une forte intensité énergétique pourraient subir une compression de leur rentabilité.

Le PMI ne permet toutefois pas de conclure à lui seul à une récession de l'économie française. Il s'agit d'une enquête auprès des directeurs d'achats, centrée sur le secteur manufacturier, dont le poids est inférieur à celui des services. Le niveau de 49,5 traduit une contraction modérée, pas un effondrement. La tendance mérite néanmoins d'être suivie, car le recul des commandes précède souvent les décisions de production et d'emploi.

Pour la Bourse de Paris, le signal invite à distinguer les entreprises selon leur exposition. Les groupes industriels dépendants de la demande domestique ou européenne sont plus vulnérables. Les sociétés diversifiées géographiquement, bénéficiant de carnets de commandes solides ou capables de répercuter les coûts peuvent mieux résister. La hausse des coûts énergétiques peut aussi pénaliser les secteurs les plus consommateurs d'énergie, même si son impact varie fortement selon les couvertures et les contrats.

Cette publication intervient dans un contexte déjà marqué par des inquiétudes sur les finances publiques françaises et les taux d'intérêt. Un ralentissement industriel réduit les perspectives de croissance, tandis que des coûts persistants compliquent la baisse de l'inflation. Ce scénario peut limiter la marge de manoeuvre de la politique économique et maintenir une forte sélectivité sur les actions.

La confirmation viendra des prochaines enquêtes. Une remontée des nouvelles commandes et de la production signalerait un simple passage à vide. À l'inverse, une poursuite des baisses d'emploi et d'achats, combinée à des coûts élevés, renforcerait le risque d'une période durable de faible croissance et de pression sur les marges.