Le marché automobile français a retrouvé de l’élan en octobre, mais la reprise est très inégalement répartie. Selon les données de la Plateforme automobile, 149 341 voitures particulières neuves ont été immatriculées au cours du mois, soit 7 % de plus qu’en septembre. La dynamique vient surtout des motorisations électriques, ce qui confirme que la transition du parc neuf s’accélère.

Les véhicules entièrement électriques, hydrogène compris, ont représenté 41 % des immatriculations. En ajoutant les hybrides rechargeables, leur part atteint 49 %. Un an plus tôt, l’électrique ne pesait que 24 % du marché, d’après AAA DATA. Ce basculement rapide du mix est un signal important pour les constructeurs, leurs fournisseurs et les investisseurs exposés au secteur automobile européen.

Les performances par groupe montrent toutefois qu’il ne suffit pas d’être présent sur l’électrique pour profiter de la hausse. Les immatriculations de Stellantis ont progressé de 2,8 %, avec notamment Citroën, Fiat et Peugeot, tandis que Tesla a enregistré une hausse de 35,3 %. À l’inverse, le groupe Renault a reculé de 4,1 %. Ces écarts peuvent refléter des calendriers de livraisons, la disponibilité des modèles ou des effets de comparaison, et ne constituent pas à eux seuls une mesure de la compétitivité durable.

Pour l’investisseur, le premier enseignement est que la demande française ne se contracte pas uniformément. Le marché se réorganise rapidement autour des modèles électriques, ce qui peut soutenir les volumes des acteurs les mieux positionnés. Le second est plus prudent : une hausse des immatriculations ne dit rien, à elle seule, sur les remises commerciales, les coûts de production ou la marge par véhicule. Un constructeur peut gagner des parts de marché tout en dégradant sa rentabilité.

La progression de Tesla mérite également d’être mise en perspective. Elle signale une concurrence toujours forte sur le marché français, alors que les groupes européens doivent financer simultanément leurs gammes électriques et leurs activités historiques. Stellantis bénéficie ce mois-ci d’une tendance positive, mais son avance reste modeste par rapport à l’expansion globale du marché. Le recul de Renault devra être comparé aux prochains mois avant d’en tirer une conclusion structurelle.

Les investisseurs devraient donc surveiller la confirmation de ces tendances, les prix moyens de vente et les indications de marge. Le scénario favorable serait une croissance électrique durable sans guerre des prix excessive. Le principal risque reste une course aux volumes qui soutient les immatriculations mais affaiblit les résultats.