Gilead Sciences a relevé ses prévisions annuelles après un troisième trimestre supérieur aux attentes. Le laboratoire vise désormais un chiffre d'affaires 2026 compris entre 31 et 31,3 milliards de dollars, contre 30,1 à 30,4 milliards auparavant. Les ventes de produits ont augmenté de 13 %, soutenues par le portefeuille de traitements contre le VIH.

Le chiffre d'affaires trimestriel atteint 8,3 milliards de dollars, au-dessus du consensus de 7,8 milliards. Le bénéfice ajusté ressort à 2,55 dollars par action, contre 2,19 dollars anticipés. Les ventes de Biktarvy ont progressé de 10 %, à 4,1 milliards, dépassant également les attentes. L'ensemble des produits liés au VIH a gagné 18 %, à 6,2 milliards.

Cette dynamique montre la solidité commerciale du portefeuille, mais elle s'accompagne d'un risque tarifaire clairement identifié. Les autorités américaines prévoient de réduire de 38 % le prix payé par Medicare pour Biktarvy à compter du 1er janvier 2028. Le nouveau prix maximal est fixé à 2 600 dollars pour trente jours de traitement. Gilead estime que cette mesure diminuera les ventes du médicament d'environ 1,5 milliard de dollars en 2028.

La direction prévoit néanmoins que le chiffre d'affaires global lié au VIH progressera encore par rapport à 2027. Pour y parvenir, le groupe devra compenser la baisse de prix par davantage de volumes, par les traitements préventifs et par d'autres produits. La concurrence future des génériques et l'application plus large des négociations de prix restent des incertitudes importantes.

Les autres activités présentent un tableau contrasté. Les ventes de traitements des maladies hépatiques ont progressé de 13 %, à 927 millions de dollars. Trodelvy a gagné 42 %, à 506 millions, grâce à une demande accrue. En revanche, les thérapies cellulaires ont reculé de 18 %, à 355 millions, sous l'effet d'une concurrence persistante.

Gilead a aussi augmenté son estimation de perte ajustée par action pour 2026, désormais comprise entre 0,85 et 1,20 dollar, en raison de 12,4 milliards de dollars de charges liées à des opérations. Cette divergence entre ventes et résultat rappelle que la croissance publiée ne se traduit pas immédiatement en bénéfice.

Pour l'investisseur, le trimestre est favorable à court terme, mais la valorisation doit intégrer le choc tarifaire de 2028. La capacité de Gilead à diversifier ses moteurs de croissance et à préserver la rentabilité de son portefeuille VIH sera plus importante que le seul dépassement trimestriel.