Eli Lilly a relevé de 5 milliards de dollars sa prévision de chiffre d'affaires annuel. Le laboratoire vise désormais 91 à 92 milliards de dollars en 2026, après un troisième trimestre nettement supérieur aux attentes. Cette révision confirme la puissance commerciale de ses traitements contre le diabète et l'obésité, tout en mettant en évidence une équation plus complexe entre volumes, prix et dépenses de développement.
Le chiffre d'affaires trimestriel atteint 24,4 milliards de dollars, contre 22,61 milliards attendus par les analystes. Le bénéfice ajusté ressort à 7,48 dollars par action, au-dessus du consensus de 6,26 dollars. Mounjaro a généré 10,72 milliards de ventes et Zepbound 5,35 milliards, deux montants supérieurs aux prévisions de marché. Les ventes internationales de Mounjaro ont progressé de 93 % sur un an, à 5,7 milliards.
L'élargissement de l'accès constitue un moteur important. Plus de 500 000 patients ont rejoint les traitements contre l'obésité de Lilly grâce au programme pilote Medicare. Cette ouverture accélère les volumes, mais elle pose la question du prix moyen. Les prix réalisés par le groupe ont diminué de 15 % au trimestre, alors que les volumes ont augmenté de 53 %. Aux États-Unis, la baisse des prix atteint 7 %, et elle est plus marquée à l'international.
La hausse du chiffre d'affaires ne se traduit pas par un relèvement parallèle du bénéfice prévu. Lilly ramène son objectif de bénéfice ajusté 2026 à 35 à 36 dollars par action, contre 35,50 à 36,50 dollars auparavant. Le groupe invoque surtout des charges liées aux acquisitions d'AtaiBeckley et de Curevo. Pour l'investisseur, cette divergence rappelle que la construction du portefeuille de médicaments exige des investissements importants avant de produire des revenus.
Foundayo représente une autre incertitude. Le comprimé contre l'obésité a réalisé 184 millions de dollars de ventes, sous les 216,86 millions anticipés. La direction attribue cet écart à des effets de stocks plutôt qu'à une faiblesse de la demande. Le lancement demeure néanmoins un test face au Wegovy oral de Novo Nordisk et devra être confirmé dans d'autres marchés.
La réaction positive du cours reflète surtout la domination actuelle de Lilly sur les traitements GLP-1. La valorisation laisse toutefois peu de place à un ralentissement. Les investisseurs devront suivre la pression tarifaire, la montée en puissance de Foundayo, le calendrier réglementaire du retatrutide et la capacité du groupe à convertir l'explosion des volumes en croissance durable du bénéfice.

