Goldman Sachs anticipe une pause de la Réserve fédérale américaine lors de sa réunion d’octobre, tout en maintenant l’hypothèse d’une nouvelle hausse des taux en décembre. Cette trajectoire reviendrait à relever les taux une réunion sur deux, un compromis que la banque juge cohérent avec les prises de parole récentes des membres du Comité fédéral de l’open market.

Le scénario reste toutefois une prévision, et non une décision déjà arrêtée. Selon Goldman Sachs, le virage plus restrictif de la Fed a contribué à la remontée des taux de marché et à un resserrement modéré des conditions financières depuis septembre. Ce mouvement serait légèrement supérieur à l’effet habituellement associé à une hausse de taux, mais resterait nettement inférieur à celui correspondant aux quatre relèvements désormais intégrés par une partie du marché. La Fed aurait donc peu de raisons de considérer que les marchés ont déjà fait tout le travail à sa place.

L’attention se concentrera sur le communiqué d’octobre. Goldman Sachs pense que la Fed pourrait préciser que tout ajustement supplémentaire dépendra des données, de l’évolution des perspectives économiques et de l’équilibre des risques. La conférence de presse pourrait apporter peu d’éléments nouveaux si le consensus interne en faveur d’un rythme espacé reste solide.

Pour les investisseurs, l’écart entre les anticipations du marché et celles de Goldman Sachs est déterminant. Le marché envisage un taux directeur culminant légèrement au-dessus de 4,5 %, tandis que la banque retient un scénario moins restrictif. Si cette lecture se confirme, les obligations à longue échéance et les valeurs de croissance pourraient bénéficier d’une détente progressive des anticipations de taux. À l’inverse, une inflation persistante renforcerait le dollar, pèserait sur les actifs sensibles aux taux et repousserait les futures baisses.

L’horizon de mars 2027 constitue un autre point de surveillance. Goldman Sachs n’y prévoit pas de relèvement dans son scénario central, estimant que les effets des droits de douane, du choc énergétique et de certaines tensions sur les prix liées à l’intelligence artificielle devraient s’atténuer. Une hausse resterait néanmoins possible si l’inflation décevait. Le pétrole représente le risque principal identifié, les contrats à terme évoluant au-dessus des hypothèses de la banque sur fond de tensions avec l’Iran.

La réaction des marchés dépendra donc moins de la pause d’octobre, déjà envisagée, que du langage employé sur décembre et de la comparaison entre les données d’inflation à venir et les attentes.