Google pourrait participer à l'infrastructure numérique du programme antimissile Golden Dome du Pentagone. Selon les informations rapportées, la filiale d'Alphabet discute avec le département américain de la Défense d'un soutien à la sécurité des données, au stockage, aux réseaux et à la cybersécurité. Le programme, doté d'une enveloppe annoncée de 185 milliards de dollars, vise à construire une architecture intégrée reliant des moyens terrestres et spatiaux.
L'objectif est de protéger les flux de données qui alimenteront le logiciel central de commandement et de contrôle. Dans un système antimissile, la continuité des communications est essentielle pour transmettre rapidement les informations issues des radars, satellites et plateformes d'armement. Les solutions envisagées devraient donc fonctionner même si des réseaux terrestres ou des infrastructures cellulaires sont compromis.
Le Pentagone étudie la création d'un consortium industriel associant plusieurs fournisseurs. Google pourrait y contribuer avec ses capacités de cloud, de stockage et de cybersécurité, tandis qu'Aalyria, une société issue du groupe spécialisée dans les réseaux, ferait aussi partie des acteurs évoqués. Aucune décision définitive n'a toutefois été prise sur la structure du consortium ni sur la liste des participants. Il ne s'agit donc pas encore d'un contrat attribué.
Le projet s'inscrirait dans un ensemble plus large développé avec des spécialistes de la défense et du logiciel, notamment Palantir, Anduril et SpaceX. L'ambition consiste à relier des équipements militaires jusqu'ici cloisonnés afin de produire une vision opérationnelle commune. Cette approche multi-fournisseurs limite la dépendance à un seul contractant, mais elle augmente les défis d'intégration, de certification et de protection des informations sensibles.
Pour Alphabet, un accord renforcerait une diversification déjà engagée vers le secteur public et la sécurité nationale. Google avait quitté le projet d'intelligence artificielle Project Maven en 2018 après des protestations internes. Depuis, le groupe a développé des équipes dédiées aux administrations et conclu un accord pour déployer certains modèles d'IA dans des opérations de défense classifiées. La trajectoire montre un changement stratégique, mais aussi un risque social et réputationnel.
Pour l'investisseur français exposé à Alphabet via des ETF américains ou mondiaux, le potentiel financier doit être relativisé. Le budget global de Golden Dome ne représente pas automatiquement des revenus pour Google, et le partage entre partenaires reste inconnu. Les contrats publics peuvent offrir une visibilité pluriannuelle, mais leurs marges, leurs délais et leurs obligations de sécurité diffèrent des activités cloud commerciales.
Le scénario favorable serait une sélection formelle de Google sur une partie importante de l'infrastructure numérique. Le risque principal est que les discussions n'aboutissent pas, que le périmètre soit réduit ou que les coûts de conformité absorbent une partie des bénéfices. À ce stade, l'information constitue surtout un signal de positionnement stratégique, pas une base suffisante pour réviser fortement les perspectives financières d'Alphabet.

