La BCE est attendue en ordre de marche pour relever son taux de dépôt de 2,25 % à 2,5 %, une hausse de 0,25 point perçue comme très probable par les marchés. Ce mouvement s'inscrit dans une séquence récente : première hausse le 11 juin après trois ans, maintien en juillet, et ton ferme de la présidence en vue de la réunion de septembre.

Les dernières données d'août montrent une inflation globale en zone euro à 3,3 % (contre 2,9 % en juillet), portée par l'énergie dont l'inflation a bondi à 14,3 %. Mais ce tableau cache une dynamique différente au niveau des composantes : l'inflation sous-jacente a diminué à 2,4 % et l'inflation des services, liée aux salaires et à la demande intérieure, est retombée à 3 %. Ces éléments indiquent une transmission limitée du choc énergétique au reste de l'économie, ce que les économistes appellent l'absence d'effets de second tour.

Une étude interne de la BCE attribue environ 90 % de la hausse de l'inflation énergétique entre janvier et mai à des facteurs d'offre liés aux tensions géopolitiques, et non à une surchauffe de la demande. C'est un contraste direct avec la crise de 2021-2022 où l'inflation résultait d'une combinaison forte d'offre et de demande, justifiant alors des hausses prolongées des taux.

La dispersion nationale des taux d'inflation aggrave la complexité de la décision : en août, l'inflation variait fortement entre Espagne (4,5 %), Allemagne (2,9 %) et France (2,7 %) sous un même taux directeur. Par ailleurs, la résilience économique de la zone euro complique le diagnostic : croissance plus soutenue que prévu due à des facteurs externes et à des soutiens budgétaires, sans pour autant signifier une accélération inéluctable.

Pour ING, la hausse attendue serait « d'assurance » et resterait dans une fourchette que la BCE considère comme neutre ; dépasser ce palier reviendrait à entrer dans une politique explicitement restrictive, une décision d'une tout autre nature.