La Banque centrale européenne annonce un durcissement monétaire effectif à partir du 16 septembre 2026 : taux de dépôt porté à 2,50 %, taux de refinancement à 2,65 % et facilité de prêt marginal à 2,90 %. Francfort motive ces décisions par la volonté de ramener l’inflation vers 2 % à moyen terme, malgré des projections qui maintiennent une inflation moyenne de 3 % en 2026 et une inflation sous-jacente hors énergie et alimentation estimée à 2,5 % pour la même année.

Sur le plan macroéconomique de la zone euro, la BCE revoit légèrement ses prévisions de croissance à la hausse : 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028, ce qui illustre une résilience relative malgré des pressions inflationnistes prolongées. La banque centrale signale toutefois que les risques liés aux prix de l’énergie restent élevés et qu’elle conservera une approche au cas par cas lors de ses prochaines réunions.

Pour la Tunisie, ces décisions européennes auront des effets indirects concrets et multiples. Le choc énergétique évoqué par la BCE alimente la hausse des cours des hydrocarbures, aggravant le déficit commercial tunisien et les tensions sur le réseau électrique national. Le resserrement monétaire européen tend à soutenir l’euro, ce qui peut renchérir les importations tunisiennes libellées en euros et accroître l’inflation importée.

Enfin, l’augmentation des taux en zone euro rend plus coûteux le financement sur les marchés internationaux et risque de peser sur la demande des principaux partenaires commerciaux de la Tunisie (France, Italie, Allemagne). La BCE précise par ailleurs qu’elle poursuit la réduction de la taille de son bilan en arrêtant les réinvestissements des programmes APP et PEPP, une décision qui peut amplifier les tensions sur les conditions de liquidité internationales.