L'Observatoire GSC-Altares, relayé par BFM Business, établit un nouveau record: plus de 33 000 dirigeants se sont retrouvés au chômage au cours des six premiers mois de 2026. Cela représente une moyenne quotidienne de 180 patrons privés d'activité. La majorité de ces dirigeants étaient à la tête d'entreprises de moins de trois salariés, mais la dégradation touche aussi les structures plus importantes: les pertes d'emploi dans les entreprises de plus de 50 salariés ont augmenté de 50 %.
Les conséquences s'observent selon la taille et le chiffre d'affaires. 694 dirigeants d'entreprises d'au moins 20 salariés ont perdu leur activité au semestre, et les cessations d'activité augmentent de 26,4 % pour les sociétés réalisant plus de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, et de 47,3 % pour celles dépassant 10 millions. Ces chiffres signalent que la fragilisation économique dépasse le seul tissu micro-entrepreneurial.
Le secteur de la construction concentre près d'un entrepreneur sur quatre parmi les dirigeants devenus chômeurs au premier semestre. Vient ensuite le commerce, avec une hausse marquée chez les boulangers et pâtissiers, dont le chômage patronal a bondi de 50 % par rapport au premier semestre 2025. Ces données montrent des impacts sectoriels nets, particulièrement dans des activités ancrées localement et sensibles aux cycles économiques.
La répartition géographique révèle de fortes disparités: l'Île-de-France concentre près d'un quart des pertes d'emploi (7 860 dirigeants), tandis que les Hauts-de-France (+11 %) enregistrent la plus forte augmentation du taux de chômage des patrons. Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté suivent avec +9,6 % chacune. Selon Thierry Millon, directeur des études d'Altares, les 33 000 dirigeants concernés ont entraîné environ 80 000 pertes d'emplois salariés, soulignant un effet multiplicateur sur l'emploi.

