Howmet Aerospace a relevé ses prévisions pour 2026 après avoir dépassé les attentes de Wall Street au troisième trimestre. Le fournisseur américain de composants moulés et de fixations profite d'une demande soutenue pour les moteurs d'avion ainsi que pour les turbines à gaz industrielles. L'action progressait de 1,5 % en début de séance, une réaction positive mais mesurée au regard de l'ampleur des résultats.
Le bénéfice ajusté a augmenté de 54 % sur un an, à 1,46 dollar par action, contre 1,37 dollar attendu selon les données de LSEG. Le chiffre d'affaires a progressé de 29 %, à 2,70 milliards de dollars, dépassant également le consensus de 2,59 milliards. Howmet vise désormais un bénéfice ajusté annuel compris entre 5,49 et 5,51 dollars par action, contre 5,23 à 5,31 dollars auparavant. Sa prévision de revenus passe à une fourchette de 10,29 à 10,31 milliards, après 10 à 10,1 milliards.
Cette accélération repose sur plusieurs moteurs. Les avionneurs commerciaux et les acteurs de la défense augmentent leur production, ce qui soutient la demande de pièces de moteurs. Le directeur général John Plant estime que le carnet de commandes exceptionnel de l'aéronautique commerciale devrait permettre une hausse des volumes jusqu'en 2027 et au-delà. L'activité de maintenance et de révision offre aussi une certaine visibilité, Howmet ne prévoyant pas d'effet significatif du conflit au Moyen-Orient sur la demande de pièces de rechange.
Le groupe bénéficie en parallèle de l'essor des centres de données liés à l'intelligence artificielle. Le chiffre d'affaires des turbines à gaz a progressé de 45 %, grâce à une production accrue, à des gains de parts de marché et à des commandes supérieures aux hypothèses initiales des clients. Cette diversification relie Howmet à deux cycles d'investissement puissants: l'aéronautique et les infrastructures énergétiques nécessaires aux centres de données.
Pour l'investisseur, la qualité de la demande ne supprime toutefois pas les risques d'exécution. Une montée en cadence industrielle exige des capacités, des approvisionnements et une maîtrise des coûts. Des retards chez les avionneurs, une normalisation des commandes de turbines ou une pression sur les matières premières pourraient freiner les marges. La hausse des objectifs réduit une partie de l'incertitude, mais elle relève aussi le niveau des attentes futures.
Le dossier doit donc être suivi à travers la croissance organique, la conversion du bénéfice en trésorerie et la capacité à livrer sans dégrader la rentabilité. Des résultats supérieurs au consensus sont favorables, mais la valorisation reste déterminante pour apprécier le potentiel après une phase de forte expansion.


