Merck a publié un troisième trimestre supérieur aux attentes, avec un chiffre d'affaires de 18,1 milliards de dollars contre 17,3 milliards anticipés par le consensus. Le bénéfice ajusté a atteint 2,49 dollars par action, alors que les analystes tablaient sur 2,08 dollars. Cette avance confirme la solidité commerciale du portefeuille, mais une partie de la performance provient d'un décalage de calendrier.
Le laboratoire estime qu'environ 550 millions de dollars de croissance sont liés à des achats effectués plus tôt que prévu. Ce facteur ne remet pas en cause les ventes réalisées, mais il peut réduire mécaniquement la contribution des prochains trimestres. L'investisseur doit donc séparer la demande sous-jacente de l'effet ponctuel de stockage ou d'anticipation.
Keytruda demeure le principal moteur. Les ventes de l'immunothérapie ont progressé de 6 % à 8,6 milliards de dollars, au-dessus des 8 milliards attendus. La nouvelle formulation sous-cutanée Keytruda QLEX a déjà généré 830 millions de dollars. Gardasil a également surpris favorablement, avec une hausse de 14 % à près de 2 milliards, contre une attente de 1,8 milliard, aidée par des achats anticipés des autorités sanitaires américaines.
La diversification commence aussi à produire des résultats. Winrevair, traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire, a enregistré 694 millions de dollars de ventes, en hausse de 94 % et au-dessus des 645 millions attendus. Cette progression est importante alors que Merck prépare l'après-Keytruda, dont les principales protections par brevet commenceront à expirer à partir de 2028. Le groupe investit dans des acquisitions, des licences et de nouvelles indications pour limiter le choc potentiel des biosimilaires.
À la suite de la publication, Merck a relevé le bas de sa prévision annuelle de chiffre d'affaires à 66,8 milliards de dollars, tout en maintenant le haut à 67,3 milliards. La prévision de bénéfice ajusté passe à une fourchette de 2,77 à 2,82 dollars par action, contre 2,66 à 2,76 auparavant.
Pour l'investisseur, le trimestre est solide, mais la question décisive reste la composition de la croissance. Keytruda finance encore largement la transition, tandis que Winrevair et les autres actifs doivent prendre le relais. Les achats anticipés pourraient créer une comparaison moins favorable prochainement. Il faudra donc suivre la croissance hors effets de calendrier, l'adoption de QLEX et la vitesse à laquelle les nouveaux produits réduisent la concentration du portefeuille.



