Blue Owl a publié un bénéfice supérieur aux attentes au troisième trimestre, soutenu par la hausse des revenus de commissions. Le bénéfice distribuable ajusté atteint 0,24 dollar par action, contre 0,22 dollar un an plus tôt et 0,23 dollar attendu. L'action a progressé de près de 5 % en avant-Bourse.

Les actifs sous gestion ont atteint un record de 330 milliards de dollars. Pour un gestionnaire d'actifs alternatifs, cette donnée est essentielle: plus les encours sont élevés, plus la base de commissions récurrentes peut progresser. La collecte apporte aussi des capitaux à déployer, ce qui crée de futures sources de revenus liés aux investissements.

Blue Owl a levé 12,6 milliards de dollars de nouveaux engagements au cours du trimestre et 48,8 milliards sur douze mois. Les levées en capitaux propres ont représenté 10,2 milliards, dont 5,6 milliards pour la plateforme de crédit et 4 milliards pour les actifs réels. Cette diversification permet au groupe de ne pas dépendre d'une seule stratégie ou d'un seul type d'investisseur.

La publication intervient pourtant dans un environnement tendu pour le crédit privé. Le titre Blue Owl a perdu environ 35 % depuis le début de l'année, en raison des inquiétudes sur les prêts directs et sur le financement d'entreprises exposées aux transformations liées à l'intelligence artificielle. Les dirigeants du secteur écartent un risque de contagion généralisée, mais le marché demande davantage de transparence sur la qualité des portefeuilles.

Au troisième trimestre, les montages de prêts directs de Blue Owl ont atteint 5,2 milliards de dollars, tandis que les décaissements ont reculé de 300 millions. Le crédit direct peut générer des rendements attractifs et des commissions élevées, mais il expose aussi aux défauts, à une liquidité limitée et à des valorisations moins fréquentes que sur les marchés cotés.

Blue Owl développe également ses activités dans les centres de données, les infrastructures associées et l'immobilier. Ces investissements cherchent à profiter des besoins massifs créés par l'IA. Leur rentabilité dépendra toutefois du taux d'utilisation des actifs, du coût du financement et de la capacité des clients technologiques à transformer leurs dépenses en revenus.

Pour l'investisseur, le trimestre confirme la force commerciale du groupe, mais ne clôt pas le débat sur le risque. La collecte et la hausse des encours soutiennent les commissions. La prochaine étape sera de vérifier que les capitaux sont déployés avec discipline et que la qualité du crédit résiste à un environnement économique moins favorable.