Microsoft a livré un trimestre solide, porté par une accélération spectaculaire de son activité cloud. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe a dégagé 92,28 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 19 % sur un an et au-dessus des 90,69 milliards attendus. Le bénéfice net a atteint 36,63 milliards de dollars, soit 4,92 dollars par action. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice ajusté de 4,89 dollars a également dépassé le consensus de 4,73 dollars.
Le principal signal vient d’Azure. Microsoft a communiqué pour la première fois un chiffre d’affaires en valeur absolue de 33,17 milliards de dollars pour cette activité, en hausse de 48 %. Cette progression accélère par rapport aux 42 % du trimestre précédent et dépasse les estimations des analystes. Elle confirme que la demande des entreprises pour les capacités de calcul, les données et les services liés à l’intelligence artificielle reste robuste.
La question centrale n’est pourtant plus seulement la croissance. Les investisseurs veulent savoir si les dépenses consacrées aux centres de données peuvent générer un rendement suffisant. Microsoft a engagé 45,2 milliards de dollars en investissements et contrats de location-financement durant le trimestre, contre 34,9 milliards un an plus tôt. Ce montant reste inférieur aux quelque 50 milliards anticipés, ce qui a contribué à rassurer le marché.
Le groupe conserve une puissance financière importante. Son flux de trésorerie disponible est resté positif à 18,63 milliards de dollars. Il recule de 27 % sur un an, mais ressort nettement au-dessus de certaines attentes. Cette capacité à autofinancer une grande partie de l’effort d’investissement différencie Microsoft de concurrents plus exposés à l’endettement ou à une dégradation rapide de leur liquidité.
Il existe néanmoins plusieurs limites. L’ampleur des investissements augmente le risque d’une surcapacité si la demande ralentit. Les revenus des appareils et des activités grand public ont reculé de 3 %, à 15,48 milliards de dollars, avec une baisse de 22 % des ventes d’appareils et de licences Windows. Le groupe cherche parallèlement à maîtriser ses coûts, ce qui montre que la croissance du cloud ne dispense pas d’une discipline opérationnelle.
Pour l’investisseur, le trimestre renforce la thèse d’un Microsoft bien placé pour monétiser l’IA. Mais la valorisation dépendra désormais autant de la rentabilité des infrastructures que du rythme de croissance d’Azure. Les prochains résultats devront confirmer que les flux de trésorerie suivent progressivement les dépenses engagées.



