HP confiera sa direction générale à Emma Walmsley à compter du 4 janvier. L’ancienne patronne de GSK succédera à Bruce Broussard, qui assurait l’intérim et prendra la présidence du conseil d’administration à la place de Chip Bergh. L’action HP a progressé de 8 % en séance, signe que le marché accueille favorablement le choix d’un profil expérimenté dans les transformations de grandes entreprises.

Emma Walmsley a dirigé GSK de 2017 à décembre dernier et supervisé la séparation de Haleon, l’activité de santé grand public du laboratoire. Elle ne possède pas d’expérience directe dans la fabrication informatique, mais a siégé pendant sept ans au conseil d’administration de Microsoft. Sa nomination indique que le conseil de HP privilégie la conduite du changement, la discipline financière et la recherche de nouveaux relais de croissance.

Le défi opérationnel est important. Au troisième trimestre, les livraisons de PC de HP ont chuté de 16 %, alors que le chiffre d’affaires de cette activité a progressé de 18 %. Ce décalage s’explique par un repositionnement vers des appareils plus coûteux, notamment des ordinateurs intégrant des fonctions d’intelligence artificielle. La stratégie protège les revenus, mais elle ne masque pas la faiblesse des volumes.

HP doit également faire face à la hausse des prix des mémoires. Une part croissante des capacités de production est absorbée par les centres de données consacrés à l’IA, ce qui augmente la pression sur les composants destinés aux ordinateurs personnels. Si le groupe ne peut pas répercuter ces coûts dans ses prix, ses marges risquent de se contracter. S’il les répercute trop fortement, il peut accentuer le recul des volumes dans un marché déjà fragile.

Le constructeur prévoit une contraction de 4 % à 6 % du marché mondial des PC en 2027 et a renoncé à publier des prévisions financières pour cet exercice. Cette absence de cadrage accroît l’incertitude pour les investisseurs. Elle donne aussi à la nouvelle dirigeante une marge pour réexaminer les coûts, le portefeuille de produits et les priorités d’investissement sans être immédiatement liée à un objectif détaillé.

Pour l’actionnaire, la hausse de 8 % repose donc davantage sur l’espoir d’une transformation bien exécutée que sur une amélioration déjà démontrée. Les PC intégrant l’IA peuvent soutenir le prix moyen, mais leur adoption doit compenser le recul du marché traditionnel. L’expérience de restructuration d’Emma Walmsley est un atout, tandis que son absence de parcours industriel direct constitue un risque d’exécution.

Les prochains trimestres devront confirmer trois éléments: la résistance des marges face au coût des mémoires, la demande réelle pour les PC enrichis par l’IA et le retour d’une visibilité financière pour 2027. Sans progrès sur ces points, le rebond boursier pourrait rester principalement lié au changement de direction.