La perspective d’un relèvement des taux de la Banque centrale européenne, évoquée dans le contexte d’une inflation annuelle à 3,3 % en août et d’un marché énergétique perturbé, a déclenché une violente critique de Jean‑Luc Mélenchon. Le candidat insoumis a présenté la hausse des taux comme une erreur aux conséquences généralisées pour les ménages, les entreprises et l’État, affirmant que la BCE conduit la France « dans le mur » et demandant « une autre politique » pour l’institution.

Les économistes cités dans l’article soulignent le mécanisme attendu : une politique monétaire restrictive réduit la masse monétaire et freine à la fois l’inflation et l’activité, en déprimant consommation et investissement. Philippe Waechter d’Ostrum AM note que la BCE devient une cible facile dans un contexte de croissance chronique faible et de recherche désespérée de points de croissance, au lieu d’arbitrages publics sur l’investissement ou les dépenses sociales.

Mélenchon n’en est pas à son coup d’essai : son camp a déjà réclamé une remise en cause de l’indépendance de la BCE et, lors d’événements publics récents, il a proposé l’annulation d’une part de la dette française détenue par les autorités de la zone euro — une mesure qualifiée d’illégale au regard des traités et fortement critiquée par des partenaires européens.

Les observateurs rappellent le rôle de la séparation entre politique et banque centrale pour préserver le pouvoir d’achat et l’épargne des ménages. La comparaison avec les pressions politiques subies par des responsables monétaires à l’étranger illustre le risque de perte de crédibilité : dicter la conduite d’une banque centrale peut, selon eux, augmenter le risque d’une inflation durable plutôt que le résoudre.