Le ministère sud-coréen des Finances et de l'Économie a annoncé le 6 octobre un projet de modification du décret d'application de la loi sur les transactions de change. Le texte vise à organiser la surveillance des transferts transfrontaliers de crypto-actifs et à réduire les angles morts utilisés pour contourner les règles de change ou réaliser des opérations illégales. Il s'agit encore d'un projet soumis à consultation, et non d'une règle définitivement appliquée.
Le périmètre annoncé est large. Il couvrirait les transferts entre un prestataire sud-coréen de services sur actifs virtuels et un acteur situé à l'étranger, ainsi que les mouvements entre une plateforme locale et un portefeuille personnel. Les entreprises concernées devraient s'enregistrer comme opérateurs de transfert de crypto-actifs, respecter des exigences en matière d'installations et de personnel qualifié, puis déclarer les informations relatives aux transactions.
Ces données seraient centralisées dans le système d'information sur les changes de la Banque de Corée. Elles pourraient ensuite être utilisées par l'administration fiscale, les douanes, le superviseur financier et l'unité de renseignement financier. L'objectif officiel est d'améliorer la traçabilité des flux sans laisser les crypto-actifs en dehors du dispositif de contrôle des mouvements de capitaux.
Pour les investisseurs, la conséquence la plus immédiate pourrait être une hausse des vérifications lors des dépôts, retraits ou transferts internationaux. Les plateformes devront adapter leurs systèmes de conformité, ce qui peut créer des coûts supplémentaires mais aussi réduire l'incertitude réglementaire pour les acteurs capables de respecter les nouvelles obligations. Les services reposant sur des portefeuilles personnels pourraient faire l'objet de contrôles plus détaillés, sans que le projet signifie une interdiction générale de leur usage.
La Corée du Sud est un marché actif pour les crypto-actifs ; son approche peut donc influencer les pratiques d'autres juridictions asiatiques. Il faudra toutefois attendre la version finale du décret, son calendrier d'entrée en vigueur et les seuils de déclaration pour mesurer l'effet réel sur la liquidité, les plateformes et les utilisateurs. À ce stade, toute conclusion sur un impact précis sur les cours du bitcoin ou de l'ether serait prématurée.


