Les conditions de financement entre banques, fonds et autres grands intervenants européens se sont légèrement détendues entre juin et août 2026. C'est le principal enseignement de l'enquête SESFOD publiée le 7 octobre par la Banque centrale européenne, fondée sur les réponses de 26 grandes banques, dont 14 établies dans la zone euro. Il s'agit du quatrième trimestre consécutif d'assouplissement global.
Cette détente concerne surtout les conditions tarifaires. Les éléments non tarifaires se sont légèrement assouplis pour les banques et les courtiers, mais ont au contraire été un peu durcis pour les hedge funds. Les établissements interrogés anticipent encore un léger assouplissement général au cours des trois mois suivants.
Derrière ce tableau favorable, les signaux sont plus contrastés. La demande de financement garanti par des actions a progressé : un solde net de 27 % des répondants signale une hausse. Dans le même temps, les taux ou marges de financement ont augmenté pour les clients les plus favorisés sur toutes les catégories de collatéral. Pour les clients moyens, la hausse s'est surtout concentrée sur les obligations souveraines et les titres convertibles.
Les décotes appliquées aux garanties ont diminué pour la plupart des obligations et pour les titres adossés à des actifs. Les montants maximaux et les maturités de financement disponibles ont aussi augmenté pour certaines catégories. Cela facilite l'accès au levier, mais peut accroître la sensibilité du système en cas de baisse rapide de la valeur des garanties. L'enquête signale d'ailleurs une légère hausse de l'utilisation du levier par les hedge funds.
La liquidité et le fonctionnement du marché se sont légèrement détériorés pour les actions et plusieurs segments d'obligations d'entreprises. Sur les dérivés de gré à gré non compensés centralement, les marges initiales ont baissé pour plusieurs produits, alors que les litiges de valorisation ont augmenté, notamment sur les dérivés de crédit.
Pour un investisseur, ces données ne prédisent pas une crise. Elles montrent toutefois que l'accès au financement s'améliore au moment même où certains indicateurs de liquidité deviennent moins confortables. Ce décalage mérite d'être suivi, car un marché très dépendant du levier peut amplifier une correction lorsque les garanties perdent rapidement de la valeur.


