SAP a longtemps été présenté comme une entreprise susceptible d’être fragilisée par l’intelligence artificielle.

Le scénario inverse commence à se dessiner.

Les logiciels de SAP sont profondément intégrés aux processus métiers de ses clients.

Comptabilité, gestion des ressources, chaînes logistiques et données opérationnelles reposent souvent sur ses systèmes.

Cette intégration constitue une barrière à l’entrée importante.

Remplacer SAP n’est pas seulement changer un logiciel.

Cela peut obliger une grande entreprise à reconstruire une partie de son architecture informatique.

L’IA devient alors davantage un outil intégré à SAP qu’un concurrent direct.

Le groupe peut ajouter des agents intelligents à ses logiciels et exploiter les immenses volumes de données déjà présents chez ses clients.

La dynamique commerciale semble confirmer ce scénario.

Le carnet de commandes cloud a progressé de 26 % sur un an pour atteindre 24,1 milliards d’euros.

La rentabilité progresse également.

Après avoir fortement corrigé, l’action a déjà rebondi.

L’enseignement est important.

L’IA ne détruira pas nécessairement les éditeurs historiques.

Les entreprises possédant des données structurées, une forte intégration chez leurs clients et des revenus récurrents peuvent au contraire devenir des gagnantes de cette transformation.