La transition énergétique tire aujourd’hui sa dynamique de facteurs multiples et concrets. Outre l’impératif climatique inscrit par les Accords de Paris, les chocs géopolitiques — l’arrêt progressif du gaz russe pour l’UE après la guerre en Ukraine et la volatilité pétrolière liée aux tensions au Moyen‑Orient — ont renforcé l’urgence de rapatrier et de sécuriser la production d’énergie. Cette logique de sécurité énergétique complète désormais l’argument écologique pour accélérer les déploiements locaux d’énergies renouvelables.
La demande d’électricité, en hausse depuis 2024, nourrit cette accélération : numérisation, explosion des data centers et effet de l’IA, relocalisations industrielles et électrification des usages (véhicules électriques, pompes à chaleur) font croître les besoins. Les économies d’échelle et les investissements massifs ont rendu les renouvelables très compétitifs : selon Pictet AM, le coût de l’énergie solaire a chuté de 84% et celui de l’éolien terrestre de 55% en Europe depuis 2009. Ces baisses remettent en cause la compétitivité des énergies fossiles et, partiellement, du nucléaire lorsque l’on intègre les délais de mise en service.
Les progrès dans le stockage — batteries et solutions comme l’hydrogène vert — atténuent l’intermittence et élargissent ainsi le champ d’opportunités financières. Pictet AM souligne l’existence d’actifs à potentiel « sur toute la chaîne de valeur » : production renouvelable, efficacité énergétique, modernisation des réseaux. La performance citée pour le fonds Pictet dédié à cette thématique atteint +35% depuis le début de 2026 (au 30 juin), illustrant l’appétence retrouvée des investisseurs. Pour les gérants et épargnants, la thématique combine visibilité réglementaire, catalyseurs géopolitiques et profils de croissance structurelle.


