L’offensive menée fin février par les États-Unis aux côtés d’Israël a visé des cibles iraniennes de haut niveau, dont le guide suprême Ali Khamenei, et a détruit des infrastructures et éléments du programme nucléaire. Malgré ces succès opérationnels, le bilan stratégique est contesté : la République islamique riposte activement, notamment en ciblant les alliés américains et en perturbant le trafic dans le détroit d’Ormuz.
La trajectoire politique américaine a compliqué la donne. Après des frappes répétées, le président américain a appelé à un cessez-le-feu en avril sous l’effet de la montée des prix du pétrole et de la pression de l’opinion publique, tout en évoquant simultanément une guerre économique et la possibilité d’un accord allégeant les sanctions. Ces retournements ont affaibli la posture israélienne et limité la marge de manœuvre d’une stratégie fondée sur la pression militaire prolongée.
Sur le plan intérieur israélien, le coût politique est palpable : un sondage de juin révèle que 92 % des Israéliens jugent que l’Iran a « gagné » ou tiré davantage profit du conflit, un signal préoccupant avant les élections législatives d’octobre. Des voix expertes estiment qu’Israël se retrouve face à un dilemme stratégique : accepter un nouvel accord nucléaire susceptible de renforcer Téhéran, ou tenter de l’affaiblir davantage au risque d’inciter l’Iran à accélérer son armement nucléaire.
Les interprétations divergent quant à l’objectif réel poursuivi par le Premier ministre : certains y voient une logique déjà appliquée dans d’autres théâtres — infliger des dégâts pour conserver la liberté d’agir plus tard — tandis que d’autres jugent que la guerre a durablement accru l’hostilité régionale et compliqué les relations futures avec l’Iran, même après un éventuel changement de régime.


