JetBlue a présenté des perspectives plus favorables sur son activité tout en publiant une perte trimestrielle supérieure aux attentes. Le marché a réagi de façon très volatile : l’action a rebondi de 11 % après la clôture, après avoir perdu près de 10 % durant la séance. Le titre reste néanmoins en baisse de 48 % depuis le début de l’année, signe que les investisseurs doutent encore de la capacité de la compagnie à mener son redressement.

Pour le trimestre clos fin septembre, JetBlue a enregistré une perte ajustée de 0,60 dollar par action, contre 0,40 dollar un an plus tôt et 0,55 dollar attendu par le consensus compilé par LSEG. La hausse des coûts pèse directement sur les résultats. Le prix moyen du carburant a atteint 3,91 dollars par gallon, soit 57 % de plus sur un an, tandis que le chiffre d’affaires unitaire n’a progressé que de 18,4 %.

La direction souligne toutefois plusieurs éléments de résistance. JetBlue affirme avoir récupéré 87 % de l’augmentation de ses coûts de carburant grâce à la hausse des tarifs et à un environnement de demande jugé solide. La compagnie a aussi relevé sa prévision annuelle de croissance du chiffre d’affaires par siège. Elle vise désormais une progression comprise entre 13,5 % et 14,5 %, contre une fourchette précédente de 10 % à 12,5 %.

La liquidité constitue le principal point de vigilance. JetBlue disposait de 2,2 milliards de dollars de liquidités et de 2,8 milliards d’actifs non grevés liés aux avions et aux moteurs. Sa dette totale atteignait encore 8,39 milliards de dollars, contre près de 8,5 milliards au trimestre précédent. Dans le même temps, la trésorerie et les équivalents de trésorerie ont reculé de 1,66 milliard à 1,26 milliard de dollars.

Pour les investisseurs, le dossier reste donc spéculatif. L’amélioration attendue de la marge d’exploitation d’un à deux points au quatrième trimestre et l’objectif d’un flux de trésorerie disponible positif en 2028 offrent un scénario de redressement. Mais ce scénario dépend d’une discipline tarifaire durable, d’une demande qui ne faiblit pas et d’une maîtrise du carburant. Le niveau élevé de positions vendeuses, estimé à 26 %, peut amplifier les rebonds comme les baisses.

La réaction positive du titre ne suffit pas à lever le risque financier. Les prochains trimestres devront confirmer la stabilisation de la trésorerie, la réduction de la dette et la capacité de JetBlue à convertir la croissance du revenu unitaire en amélioration réelle de ses marges.