Les marchés ont réagi de manière nette lundi: le Brent est repassé sous la barre des 90 dollars le baril, dopant les indices américains et provoquant un reflux des rendements souverains. Les rendements américains ont reculé jusqu’à huit points de base, le 10 ans enregistrant sa plus forte baisse depuis deux mois, tandis que la courbe des taux s’aplatisse et que l’adjudication des bons à 2 ans a reçu une demande soutenue des enchérisseurs indirects.
La tension commerciale entre Washington et Ottawa s’est intensifiée, le Canada imposant des droits de douane de rétorsion sur 20 milliards de dollars de produits américains. Cette escalade fragilise le cadre de l’USMCA et suscite des inquiétudes plus larges sur les chaînes d’approvisionnement et la confiance des entreprises en Amérique du Nord, avec des effets potentiels au-delà du continent.
Aux États-Unis, la décision du secrétaire au Trésor Scott Bessent d’augmenter les rachats d’obligations à long terme alimente le débat: présentée comme une réponse à des problèmes de liquidité, elle est critiquée par des voix influentes qui estiment que ces outils ne règlent pas des questions de solvabilité. La controverse pèse sur la perception de la politique du Trésor et contribue à la pression baissière sur le dollar.
Parallèlement, l’Europe affiche des signaux de reprise: la croissance allemande au T2 et le moral des entreprises dépassent les attentes, poussant Deutsche Bank à relever sa prévision de PIB 2026 à 1,0% contre 0,5% précédemment. Cet élan, conjugué à une vigueur dans d’autres pays européens, explique pourquoi l’indice des surprises économiques de la zone a atteint son plus haut niveau depuis trois ans et demi, creusant l’écart favorable à l’Europe vis‑à‑vis des États-Unis.
Sur les changes et matières premières, le dollar recule tandis que le yuan touche des plus bas face au billet vert autour de 6,7195 USD/CNY; la PBOC intervient pour tempérer l’appréciation. L’or atteint son plus haut sur trois mois et le Bitcoin dépasse 80 000 $.

