Kalshi a bouclé une levée de fonds de 1 milliard de dollars qui valorise la société à 40 milliards. Le tour a été codirigé par Sequoia et Wellington, avec la participation de Tiger Global Management et Dragoneer Investment Group. Cette opération intervient un peu plus de cinq mois après un financement de même montant mené par Coatue, qui avait fixé la valorisation à 22 milliards. L'augmentation atteint donc près de 82 % sur une période très courte.

Cette progression reflète l'essor des marchés de prédiction, mais aussi une stratégie plus large. Kalshi ne veut plus se limiter aux contrats liés aux élections ou au sport. La société cherche à devenir une plateforme de trading multi-actifs, susceptible de concurrencer des opérateurs établis comme CME Group et Intercontinental Exchange.

En 2026, la plateforme a ajouté des contrats à terme perpétuels après leur approbation par la Commodity Futures Trading Commission. D'abord proposés sur des cryptomonnaies, ces produits ont ensuite été étendus aux indices boursiers et aux métaux. Les contrats perpétuels n'ont pas de date d'échéance et peuvent intégrer un levier élevé. Ils offrent davantage de souplesse aux traders, mais amplifient aussi les pertes possibles et les besoins de gestion du risque.

Pour l'investisseur, la valorisation de 40 milliards signale des attentes considérables sur la croissance des volumes, la diversification des revenus et la capacité à gagner des parts de marché face aux bourses traditionnelles. Kalshi aurait dépassé Polymarket en part de marché au cours de l'année écoulée, tandis que son concurrent a subi des retards de lancement aux États-Unis et une enquête de la CFTC.

Le risque réglementaire reste toutefois central. Les critiques assimilent certains contrats événementiels à des jeux d'argent et alertent sur les comportements addictifs. Le procureur général de l'Utah a engagé cette semaine des poursuites pénales contre Kalshi et deux dirigeants, en accusant la société de promouvoir illégalement les jeux en ligne. Ce contentieux montre que l'autorisation fédérale de certains produits ne supprime pas les conflits potentiels avec les autorités locales.

La levée renforce les moyens financiers de Kalshi, mais elle ne valide pas encore la rentabilité du modèle ni sa capacité à absorber une réglementation plus stricte. Pour les acteurs cotés des infrastructures de marché, le développement de cette nouvelle concurrence mérite d'être suivi. La question décisive sera de savoir si Kalshi transforme son audience en revenus durables sans dégrader la protection des utilisateurs ni multiplier les litiges.