KeyBanc conserve une opinion positive sur Monolithic Power Systems, avec une recommandation « Surpondérer » et un objectif de cours de 2 100 dollars. Cette valorisation repose sur un multiple de 54 fois l’estimation de bénéfice par action 2027 de la banque, fixée à 38,53 dollars. Le courtier estime que le fabricant de semi-conducteurs de puissance devrait publier des résultats robustes et relever encore ses perspectives, principalement grâce à son activité Enterprise Data.

Le principal moteur reste la demande pour les processeurs de serveurs et les infrastructures d’intelligence artificielle. La montée en cadence de Vera Rubin, la prochaine plateforme de Nvidia, doit contribuer à cette dynamique. KeyBanc souligne toutefois que les contraintes d’approvisionnement en mémoire HBM4 peuvent freiner le rythme de déploiement à court terme. Autrement dit, le potentiel commercial demeure élevé, mais la conversion de la demande en chiffre d’affaires dépend aussi de la disponibilité de composants critiques chez les clients.

Monolithic Power resterait le principal fournisseur de second rang pour les solutions Vcore, qui alimentent les processeurs. Selon l’analyse, le problème technique antérieur sur cette offre a été résolu, tandis qu’ON Semiconductor et Texas Instruments ne seraient pas encore qualifiés. La position concurrentielle du groupe pourrait donc rester favorable. À plus long terme, Nvidia devrait adopter une architecture VPD discrète sur Rubin Ultra. Cette évolution pourrait augmenter le contenu fourni par Monolithic Power par système par rapport à Rubin, avec un effet attendu surtout en 2027 et 2028.

Le contexte sectoriel apporte un second soutien. KeyBanc observe une reprise cyclique et une offre serrée dans les composants analogiques de puissance, ce qui facilite les hausses de prix. Au troisième trimestre 2026, les prix auraient progressé de 5 % à 10 % dans les PC et de 10 % à 15 % dans les serveurs. Pour le trimestre, la banque vise 1,18 milliard de dollars de revenus et 8,02 dollars de bénéfice par action, contre des consensus respectifs de 1,16 milliard et 7,79 dollars. Pour le quatrième trimestre, ses estimations atteignent 1,24 milliard de dollars et 8,48 dollars par action, également au-dessus du marché.

Pour l’investisseur, le dossier combine croissance de l’IA, pouvoir de fixation des prix et gains de contenu par plateforme. Le risque est une valorisation encore exigeante: le titre se négocierait autour de 32 fois les bénéfices futurs, sous sa médiane de trois ans de 43 fois, mais à un niveau qui suppose une exécution solide. Les contraintes HBM4, un retard de Rubin Ultra, une qualification plus rapide de concurrents ou un ralentissement des investissements dans les centres de données pourraient réduire le potentiel. Les prochains résultats devront surtout confirmer la progression d’Enterprise Data, les marges et la capacité de la direction à relever ses objectifs.